L'ouvrage:
L'auteur aborde des questions que beaucoup de gens se posent: les animaux ont-ils des émotions? Ressentent-ils, entre autres, la douleur?... À travers des observations et des anecdotes, Peter Wohlleben offre des pistes sur lesquelles se pencher.

Critique:
Quand j'ai appris que l'auteur de «La vie secrète des arbres» avait écrit un livre similaire concernant les animaux, j'ai tout de suite su que cet ouvrage me passionnerait. Écrit par une personne avisée, attentionnée, ouverte d'esprit, préoccupée du bien-être de chaque espèce (qualités que Peter Wohlleben a montrées dans «La vie secrète des arbres»), il était obligatoire que ce documentaire me captive. Il a parfaitement répondu à mes attentes.

Peter Wohlleben ne prétend absolument pas tout savoir. Il ne joue en aucun cas les donneurs de leçons. Il exhorte son lecteur à accorder le bénéfice du doute aux animaux. Puisqu'on ne sait pas s'ils éprouvent des émotions (ou en tout cas avec quelle intensité), pourquoi ne pas tenter de leur occasionner le moins de souffrance possible? Pourquoi ne pas les considérer comme dignes qu'on respecte leurs «sentiments»? Bien sûr, l'auteur déplore la manière dont certains hommes traitent les animaux, mais il ne fait qu'être factuel. Comment nier la maltraitance et la souffrance occasionnées par les élevages en batterie, la barbarie de certaines pratiques, etc? Il m'a plu de trouver, dans cet écrit, l'argument qui est le mien: sans que tout le monde devienne végétarien, voire se nourrisse d'air (puisque les végétaux aussi ressentent), il serait sûrement possible de faire les choses d'une manière qui ne serait ni barbare ni irrespectueuse.

Outre cela, au long de l'ouvrage, j'ai retrouvé le même cheminement de pensée que le mien. Qui côtoie des animaux a sans cesse des preuves qu'ils ressentent, qu'ils ont des émotions. J'aime beaucoup l'argument de Peter Wohlleben concernant ceux qui nous exhortent à cesser de faire de l'anthropomorphisme. D'ailleurs, l'auteur explique bien que si les animaux ressentent, il ne nous est pas facile de comprendre comment et avec quelle intensité. Il y a également, vers la fin du livre, une idée dont je rêve depuis très longtemps: pouvoir communiquer avec les animaux afin qu'eux nous «disent» ce qu'ils ressentent, comment ils le ressentent, etc. Les observer nous permet d'apprendre, mais il serait tellement mieux de pouvoir communiquer avec eux...! À ce sujet, l'auteur évoque le cas de Coco et d'autres gorilles. Je ne connaissais pas du tout ces cas. Ils donnent un peu d'espoir: peut-être qu'un jour, la communication et la compréhension seront possibles.

Les exemples donnés et les anecdotes racontées par Peter Wohlleben évoquent plusieurs espèces: les chèvres, les chevaux, les cerfs, les oiseaux, mais aussi les insectes de toutes sortes. J'ai apprécié qu'il étende ses observations à tant d'espèces, et je regrette que le livre n'ait pas été plus long.

Mon but étant d'en dévoiler le moins possible, je n'évoquerai qu'une seule des anecdotes contées par l'auteur. Elle apparaît lorsqu'il se demande si les animaux peuvent compter. Il parle alors de la chienne de la famille, Maxie. En semaine, celle-ci éveillait la petite famille très peu de temps avant que le réveil sonne, afin qu'on lui ouvre la porte. Le week-end, à l'instar de ses maîtres, Maxie faisait la grasse matinée. Comment lui était-il possible de savoir quels jours le réveil ne sonnerait pas? Cette anecdote m'a beaucoup plu, parce que voilà longtemps que je suis persuadée que mes chats savent beaucoup de choses. ;-) Ils savent ce que je ressens. (Moi aussi, j'aurais des faits à raconter à ce sujet.) Ils savent que le troisième jour de la semaine, ils vont me voir davantage que les deux premiers et le quatrième et le cinquième...

Un livre prônant l'ouverture d'esprit, le respect des espèces, la tolérance, la communication...

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Thibault de Montalembert.
J'ai trouvé judicieux que l'éditeur ait demandé au comédien qui avait interprété «La vie secrète des arbres» d'enregistrer «La vie secrète des animaux». J'ai retrouvé, avec grand plaisir, le talent de conteur de Thibault de Montalembert. Son intonation est toujours adéquate. Il adopte parfaitement le ton le mieux à même de rendre les intentions de l'auteur, et n'exagère jamais. Lorsque Peter Wohlleben appelle son lecteur à faire attention aux animaux, lorsqu'il met l'accent sur le mal qui leur est fait, le lecteur ne prend absolument pas un ton supérieur ou larmoyant. Il montre la compassion que prône l'auteur. Pour moi, il s'est très bien glissé dans ce livre, dans la peau de celui qui raconte, etc. Je n'aurai qu'une minuscule remarque. L'auteur écrit plusieurs fois «moi aussi». Le narrateur fait alors une liaison mal-t'à-propos en disant «moi zaussi». C'est en l'entendant que je me suis aperçue qu'il n'était pas le seul. J'ai déjà entendu cela chez plusieurs personnes, et me suis toujours demandé pourquoi cette erreur était commise. Peut-être parce qu'on fait cette liaison lorsque le pronom personnel est «nous», «vous», ou «eux»...