La veuve

L'ouvrage:
Angleterre, juin 2010. Glenn Taylor vient d'être renversé par un bus. Les journalistes assaillent sa veuve, Jane. Maintenant que Glenn est mort, elle peut parler, dire ce qu'elle sait quant à ce dont son mari fut soupçonné deux ans auparavant.

Critique:
Ce roman m'a bien moins plu que «La coupure», mais je l'ai aimé. Le thème principal est abordé à outrance par beaucoup d'écrivains. De ce fait, pour moi, il n'y avait pas grand-chose de nouveau, d'autant que l'auteur n'introduit rien qui démarquerait un peu son roman des autres évoquant ce sujet. De plus, si les personnages sont intéressants (surtout Jane et Bob), ils m'ont bien moins interpellée que ceux de «La coupure» (où ma préférence allait à Emma et Angie).

L'un des points positifs est l'ambiguïté de l'un des personnages. Je me suis rapidement demandé si ce protagoniste ne se jouait pas de tous. Concernant cela, la romancière amène finement les choses. Elle maintient l'ambiguïté le temps qu'il faut sans que cela soit pesant, et se sort de toutes les situations qu'elle rend étranges. À la fin, aucune question ne subsiste, rien n'est bâclé, et Fiona Barton est cohérente avec le reste de son roman. Elle n'a pas lancé de faux indices à tort et à travers qui, à la fin, se révèlent inexplicables. Je le souligne parce que certains auteurs font cela, et c'est très pénible. Fiona Barton, elle, ne se moque pas du lecteur.

Kate m'a encore plus agacée que dans «La coupure». Quelle charognarde insensible!!! Elle ne pense qu'à son contrat, à son article... Même si je pense que Jane a mal interprété certaines choses, Kate a été stupide de ne pas lui avoir fait lire l'article avant. Ainsi, Jane, sachant parfaitement ce qu'elle avait écrit, pouvait demander que ceci ou cela soit corrigé, et de toute façon, cela aurait empêché qu'elle se mette en colère, par la suite, en pensant savoir ce que disait l'article. J'ai donc été satisfaite lorsqu'elle jette Kate comme une malpropre. L'auteur a beau expliquer que certaines personnes ayant été interviewées par Kate, dans des affaires passées, ont été très heureuses de son travail et gardent contact avec elle, je l'ai trouvée particulièrement désagréable et suffisante ici. Comme je l'ai dit dans une autre chronique, je sais bien que tous les journalistes ne peuvent pas être comme celle imaginée par Julia Dahl, mais puisque Fiona Barton vante le côté humain de sa création, elle aurait dû le faire ressortir.

Ce roman étant antérieur à «La coupure», et mettant également Kate en scène, j'ai eu peur qu'avoir lu «La coupure» avant «La veuve» me desserve. Or, cela n'a pas été le cas. Il est possible que Kate se rappelle l'affaire de la veuve Taylor dans «La coupure» et l'évoque de manière à en donner la conclusion (elle le fait concernant une ou deux affaires), mais si c'est le cas, je l'ai oublié.

Même si le thème principal est (selon moi) trop abordé dans les romans policiers, le livre ne traîne pas, il n'y a pas de remplissage.

Je râle souvent quand je trouve des fautes de syntaxe dans les romans ou dans l'audiodescription de certains films. De ce fait, je m'attache aussi à pointer ce qui, pour moi, est bien fait. Ici, non seulement je n'ai pas repéré d'erreurs de syntaxe, mais la traductrice, Séverine Quelet, n'a pas fait une faute qui, malheureusement, se répand. Elle a écrit «elle se le rappelle», alors que beaucoup commettent l'erreur d'écrire ou de dire «elle s'en rappelle».

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Eve Dufresne pour les éditions Lizzie.

Ce roman a exactement la même structure narrative que «La coupure»: les chapitres alternent les points de vue, et celui d'un seul personnage est relaté à la première personne du singulier. Je pensais donc que comme pour «La coupure», l'éditeur audio ferait enregistrer ce livre à plusieurs voix, et qu'Anne Tilloy interpréterait les chapitres du point de vue de Kate. Je ne comprends pas pourquoi cela n'a pas été fait ainsi. D'autre part, Marie-Eve Dufresne fait partie des comédiens dont j'apprécie le jeu. Ici, elle n'a pas démérité. Elle s'est arrangée pour adopter une intonation qui montre, sans exagération, l'ambiguïté du personnage dont je parle plus haut. Son ton est toujours approprié. Je regrette seulement qu'elle ait tenté de prononcer certains noms à l'anglophone: Terry en faisant le «r» anglophone, Saïmone pour Simon...

J'ai apprécié qu'il n'y ait pas d'autres passages musicaux que le jingle de l'éditeur.

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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