La toile du monde

L'ouvrage:
1900. Aileen Bowman, journaliste au New York Tribune, se rend à Paris afin de couvrir un événement de taille: l'exposition universelle. Sa vie s'organise rapidement entre écriture et rencontres.

Critique:
Mon sentiment est mitigé quant à ce livre. J'ai passé la première moitié à m'ennuyer. Je n'avais rien à reprocher à Aileen (c'est d'ailleurs un personnage très attachant), mais il me semblait que rien d'intéressant n'arrivait. J'avais l'impression d'être immergée dans une ambiance, un décor. C'était très bien rendu, mais cela ne m'allait pas, parce que je souhaitais davantage qu'une atmosphère, fût-elle très bien exposée. Et puis, les séances chez le peintre m'ennuyaient, les articles où Aileen faisait parler la ville aussi, etc. J'étais tout ouïe lorsque j'entendais parler d'Arthur et d'Alexandra (personnages de «Trois mille chevaux vapeur», roman que j'ai adoré), mais je retombais vite dans la monotonie. Même Joseph et son histoire m'ont agacée. Pourtant, cela n'aurait pas dû...

J'ai commencé à être intéressée quand Jacques raconte son couple à Aileen. La deuxième moitié du roman m'a plu. J'ai particulièrement aimé ce qu'on apprend lorsque l'auteur adopte le point de vue d'Alice. Je n'y avais pas du tout pensé, mais j'aurais dû faire confiance à Aileen: elle n'aurait jamais laissé une situation si étouffante perdurer. En outre, lors de la courte soirée chez les parents d'Agnès, le lecteur voit bien que celle-ci comprend que ses parents briment Alice.

Aileen représente la liberté. Ses parents lui ont appris qu'il était important qu'elle soit elle-même, et elle brave les conventions qui n'ont pas vraiment de raisons d'être. Ceux qui la blâment sont superficiels et intolérants. La jeune femme ne cherche pas à attirer l'attention sur elle en étant différente, elle veut seulement être elle-même.
Agnès apparaît au moment où j'ai commencé à m'intéresser au roman. D'abord, je n'ai pas apprécié cette femme qui me semblait engluée dans la religion et dans ce que ses parents souhaitaient qu'elle soit. Par la suite, ses réactions ont montré qu'elle était plutôt perdue. Je l'ai davantage appréciée, mais pour moi, elle était trop faible et trop peu sûre d'elle pour oser tenter de mener une existence qui la satisferait. Je me disais même qu'elle ne pouvait pas savoir ce qui la satisferait. Finalement, Agnès n'était pas fatalement condamnée à une vie terne et étriquée parce qu'elle aimait sa fille...

Je n'ai pas grand-chose à dire sur les autres personnages. Je m'aperçois que je n'ai pas d'opinion concernant Julius, peut-être parce qu'on le voit surtout dans la partie avec laquelle je n'ai pas accroché.

Je n'aurais jamais connu la deuxième moitié du roman (qui m'a plu) si je ne l'avais pas lu en service presse. Si je l'avais acheté ou emprunté à une bibliotthèque, je l'aurais rapidement laissé. En effet, j'estime qu'un service presse ne doit pas être abandonné. Voilà pourquoi je fais très attention à ceux que je demande aux éditeurs. Heureusement, je me trompe rarement. J'en ai abandonné un, après avoir demandé la permission de l'éditeur, et j'espère ne plus jamais faire cela.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Julien Defaye.
Dans l'entretien que l'auteur accorde à Valérie Lévy-Soussan (entretien qui se trouve en fin d'ouvrage), Antonin Varenne dit, entre autres, que même si son personnage principal est une femme, il souhaitait une narration masculine. Étrangement, je me suis aperçue que j'étais tout à fait d'accord avec lui. Cela m'a étonnée, car quand le point de vue est celui d'un personnage, je préfère que celui qui enregistre le livre soit du même sexe que ce protagoniste. J'ai expliqué ma parfaite adhésion avec l'auteur à ce sujet par plusieurs choses. D'abord, le roman n'est pas à la première personne du singulier (l'auteur le souligne d'ailleurs). Ensuite, de petits passages ne sont pas du point de vue d'Aileen: parfois on est dans les pensées de Joseph, parfois dans celles de Jacques... Enfin, je pense que l'éditeur audio a trouvé le lecteur adéquat. Je ne le connaissais pas du tout, mais son interprétation m'a plu. Il parvient à jouer sans trop en faire: il ne tombe pas dans le larmoiement lorsque les choses sont racontées du point de vue de Joseph ou pour d'autres événements tristes. Il montre avec subtilité les différents sentiments des personnages... Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: certains chapitres sont coupés en deux pistes.

Acheter « La toile du monde » sur Amazon
Acheter « La toile du monde » en audio sur Amazon ou en téléchargement audio (Audible.fr)