La théorie des cordes

L'ouvrage:
Ce jour-là, Elisa Robledo, professeur scientifique, donne un cours à ses étudiants, essayant de leur faire comprendre les différentes dimensions du temps. Elle utilise le journal pour sa démonstration, et l'article qu'elle lit lui saute à la figure. La machine infernale qu'elle tente d'oublier depuis dix ans se remet en marche. Rien n'est achevé. La course-poursuite a repris.

Plus tard, elle obtient la confirmation de ce qu'elle craignait. Il y aura donc une réunion à minuit et demi, à l'endroit convenu. Affolée, Elisa se confie à son meilleur ami, Victor Lopera, car elle ne peut plus garder un tel secret.

Critique:
L'auteur sait tisser un suspense qui captive le lecteur. Il joue sur le fait que le lecteur ne sait rien: il débarque, et n'a que les maigres renseignements que veut bien lui donner Elisa par le biais de sa pensée. Le lecteur se rend encore mieux compte qu'il arrive en plein milieu de la vie de quelqu'un. Le fait de ne pas tout savoir dès le départ est gênant, mais plus réaliste.

Le roman est constitué de moments présents et de flashbacks. Si c'est une réussite dans certains romans, j'aime moins cette façon de faire dans les romans policiers. C'est une ficelle assez employée, mais en plus, elle donne un effet de longueur. Tout au long du roman, nous retrouvons d'autres effets de longueur. C'est dommage, car à mesure que nous lisons, notre attention est relancée par les rebondissements, les émotions et les sentiments des personnages. C'est un roman où on est captivé par certains chapitres, et où on s'ennuie avec d'autres.
Le revirement de certains personnages est un peu lourd, car la ficelle est trop souvent utilisée.
Par ailleurs, je n'ai pas aimé la fin. Bien sûr, cela devait se terminer ainsi. Dès le départ, la fin est écrite. En plus, cela aurait pu se terminer de manière pire. Néanmoins, j'aurais préféré que l'auteur choisît une autre fin.

La terreur est bien distillée, mais là aussi, cela finit par être trop long.
La spirale dans laquelle sont entraînés les personnages est intéressante: on ne sait pas d'où vient le danger, les personnages ne sont même plus en sécurité dans leurs propres pensées. La manière dont ils ont été manipulés est assez effrayante, car on se dit que ça peut arriver à n'importe qui. Petit à petit, alors que nous comprenons ce qui se passe, alors que nous cernons enfin d'où vient le danger, alors que nous devrions être un peu plus tranquille, nous découvrons que le savoir n'apporte pas la sérénité: les personnages sont manipulés par les hommes, et poursuivis impitoyablement par «une machine».

Les personnages sont attachants. Le lecteur ressent leur détresse: ils étaient équilibrés, avaient une vie qui leur convenait, et tout est piétiné. Ils ne sont que peur. Il est intéressant de voir comment une personne peut être, petit à petit, minée de l'intérieur. On s'identifie parfaitement à ces personnages.

La théorie des cordes (celle que développent les scientifiques du roman), m'a paru un peu abstraite, malgré l'intérêt que j'y ai pris.

Éditeur: Actes Sud.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Je n'ai pas compris pourquoi elle prononçait David à la semi-anglaise, dans ce roman, alors que la prononciation est acceptable en français, et qu'elle l'a déjà prononcé normalement dans d'autres romans.

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