L'ouvrage:
François est chirurgien. Il est également amateur de chasse. Un jour, il blesse un cerf qu'il surveille depuis deux ans. Il n'a plus qu'à l'achever. Cependant, il se ravise, et décide de le soigner.

Critique:
Ce roman ne m'a pas vraiment plu, mais je sais que la plupart de mes reproches ne sont pas justes. Je n'ai pas approuvé certains choix de l'auteur. Cela ne fait pas de ce livre un mauvais roman, seulement un livre incompatible avec moi. ;-)

Luc Lang s'attache d'abord à montrer François, ancré dans ses certitudes. Soudain, celui-ci prend un chemin totalement inattendu. J'ai trouvé cela intéressant. Au long du roman, François remet certaines choses en question, tente de composer avec ce qui lui déplaît, et qu'il ne peut changer. J'ai apprécié cela, parce que d'une manière générale, on nous martèle que passé un certain âge (âge que François a dépassé) un adulte ne se remettra plus en question. Ici, le personnage principal n'hésite pas.

À mesure qu'on avance, on découvre la famille de François. Son fils, Mathieu, est sympathique, mais un peu trop «jeune loup aux dents longues». Enfin, au début, on pense cela, et quand on découvre les autres personnages, on se dit que Mathieu est très agréable. Maria, la femme de François, dont je n'ai pas compris pourquoi il ne l'avait pas quittée des années auparavant, m'a effarée. Entre ses crises de fanatisme religieux (elle croit posséder des pouvoirs de guérisseuse) et son amour malsain pour Mathieu... Ce ne sont pas les seuls travers de Maria. Ce sont d'ailleurs les moins graves... Ensuite, nous avons Mathilde, la fille du couple. Elle n'a cure de son père, et nous la découvrons engagée dans quelque chose qui pourrait devenir un engrenage. Bien sûr, elle ne s'en rend pas compte, et le lecteur se demande si elle a toute sa tête. Certes, ma perception a pu être biaisée par le fait que le lecteur n'a que le point de vue de François ou presque. Mais il est évident qu'à fréquenter un truand, on s'expose. De plus, les rares fois où celui qu'elle aime s'adresse à Mathilde, il ne lui parle pas gentiment. Là encore, le lecteur n'a pas toutes les données en main, car le couple n'est montré que de rares instants, comparé à tout ce qu'il a vécu. Cependant, Mathilde m'a semblé être une petite dinde dépourvue de jugeote. Je n'ai pas non plus saisi pourquoi elle défendait sa mère. N'avait-elle pas compris?... Ou bien, François a-t-il imaginé ce qu'il dit avoir plusieurs fois vu?

Mon mépris teinté de colère envers Mathilde et Maria a été la première chose qui m'a fait moins aimer ce roman. Ensuite, il y a un phénomène dont je n'ai pas compris l'intérêt. L'auteur raconte des événements. Puis il revient à un moment de ces éléments, comme s'il ne les avait pas encore racontés. Il insère quelques explications, mais je n'ai pas compris l'intérêt de n'avoir pas tout écrit de manière linéaire. Il fait la même chose à la toute fin. Les dernières pages se passent avant toute une série d'événements décisifs. Elles racontent un passage déjà conté en le développant, mais n'apportent rien de plus.

L'élément qui m'a le plus déplu est ce qui arrive à celui que je ne nommerai pas pour ne pas trop en dire. Je ne comprends pas pourquoi François ne l'a pas mis hors de portée des tirs au moment où les choses ont commencé à mal aller...

Éditeur: Stock.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.