La symphonie du hasard, livre 2

L'ouvrage:
Alice arrive à Dublin pour passer un semestre à l'université de Trinity. C'est cette période qu'elle nous raconte.

Critique:
Si j'ai beaucoup aimé le début de l'histoire, cette deuxième partie m'a moins plu. Les événements s'enchaînent toujours de manière fluide, mais (allez comprendre pourquoi) j'ai eu l'impression que certaines choses ne tenaient pas vraiment. Est-ce l'auteur qui s'essouffle ou moi qui deviens plus exigeante?... Par exemple, je suis restée étrangement insensible lors du poignant récit de Peter (le frère de l'héroïne). J'apprécie ce personnage, et j'ai eu de la compassion pour lui, mais ce qu'il a vécu au Chili ne m'a pas prise aux tripes.
J'ai trouvé l'événement final de ce livre 2 trop prévisible (je m'y attendais, et j'aurais aimé que l'auteur me fasse mentir) et trop spectaculaire. Pourquoi le romancier a-t-il absolument voulu terminer cette deuxième partie sur quelque chose de marquant? Et pourquoi cette chose devait-elle justement être celle à laquelle je m'attendais?

Par ailleurs, Alice m'a souvent cassé les pieds. Déjà, dans le livre 1, elle me paraissait un peu entière... Ici, je l'ai trouvée prompte à juger, alors que de son côté, elle demandait qu'on la comprenne. Lorsque certains lui font remarquer (parfois vertement) qu'elle aurait dû parler plus tôt concernant ce que j'appellerai l'affaire Megan, elle s'offusque, se vexe... Bien sûr, elle n'est pas absolument fautive, mais ceux qui lui disent qu'elle n'a rien à se reprocher ont tort.

En outre, son histoire d'amour est peu vraisemblable. Elle arrive comme un cheveu sur la soupe avec quelqu'un qu'elle connaît à peine. On dirait que l'auteur s'est dit: «Mince, il faudrait que je lui invente une histoire passionnée. Bon, je ne vais pas ajouter un garçon qu'elle prendrait le temps de connaître. Je vais faire quelque chose de plus intense pour intéresser le lecteur.» Ça a eu l'effet inverse sur moi...

D'une manière générale, lorsque notre héroïne se fait des amis, ils l'adorent tout de suite. J'ai trouvé ça peu crédible. L'exemple le plus parlant est sûrement Desmond. Dès la première minute, il semble considérer Alice comme sa fille.

D'autre part, certains clichés sont mal passés. Par exemple, quand on vit à Paris, si on dîne à 19h, on est un ringard. Il faut dîner très tard. Je ne sais pas où Douglas Kennedy a pris cette idée... Et puis, si on l'écoute, les Irlandais ne font que boire du thé ou de l'alcool, avec une nette préférence pour ce dernier. Certes, Alice est jeune, aime bien faire la fête... mais il y a quand même beaucoup de bière et de whisky sur sa route.

Je lirai la troisième partie, parce que j'ai quand même passé un bon moment, et que je veux savoir la suite.

Remarque annexe:
Je trouve dommage que le traducteur ait écrit «jetlag» pour «décalage horaire». Je sais que depuis quelques années, on utilise plutôt le mot anglophone, mais ce n'est pas une raison, alors qu'il existe une expression en français. J'ai aussi été déçue de trouver «toquer» (qui est familier) pour «frapper». Là encore, le mot se répand, mais ce n'est pas une raison pour que Bernard Cohen, qui (me semble-t-il) usait d'un vocabulaire précis et recherché, se mette à l'utiliser.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Ingrid Donnadieu.

J'ai été ravie de retrouver cette comédienne. Comme d'habitude, j'ai apprécié son jeu. Elle parvient à moduler sa voix pour les rôles masculins sans que ce soit exagéré. Elle adopte toujours le ton approprié, qu'il s'agisse de la «raisonnable» Alice, de l'emportée Megan, etc. Elle parvient à faire vivre tous les personnages, et à montrer leurs particularités. Lorsque j'entends la voix qu'elle prend pour la mère d'Alice, par exemple, je visualise bien le personnage.
J'ai quand même regretté qu'Ingrid Donnadieu prononce Rousse pour Ruth. Comme je le dis dans ma chronique de «Le gang des rêves» (où Isabelle Miller a justement bien prononcé ce prénom), je ne sais pas trop pourquoi les comédiens qui enregistrent des livres ne veulent pas dire Ruth comme ça se prononce en français, et font des mélanges d'anglais francisé et d'allemand...

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