La salamandre L'ouvrage:
Catherine est une jeune femme comme les autres. Un jour, elle décide de partir en vacances au Brésil, chez son amie Aude.
Pendant ces vacances, sur la plage, elle rencontre Gilberto. C'est là que sa vie va basculer. Elle va tomber très amoureuse de lui. Depuis le début, elle est consciente que c'est un gigolo. Elle se prête volontiers à cela: elle le couvre de cadeaux, se laisse voler par lui et ses amis, se laisse frapper et humilier. Elle ira jusqu'à dire à cet homme de prendre sa vie, puisqu'il ne veut plus d'elle... Elle ira même plus loin...

Critique:
Je n'ai pas du tout aimé ce roman. D'abord, lorsque j'ai entendu l'auteur en parler à la radio, j'ai pensé: "Une femme qui aime, qui se rend compte qu'elle est mise plus bas que terre, et qui en redemande, ça va m'énerver." Mais j'ai eu l'occasion de lire ce livre, et je me suis dit qu'il fallait essayer, avant de le condamner.

Alors, effectivement, Catherine aime éperdument, absolument, sans restrictions. Gilberto se sert d'elle: elle est sa vache à lait, son punching ball, et elle en est parfaitement consciente. On excuse une femme qui aime, et qui ne s'aperçoit pas qu'elle n'est pas aimée. On la blâme un peu, mais surtout, on la plaint, on la prend en pitié. Mais Catherine n'entre pas dans cette catégorie. Comment plaindre et prendre en pitié une femme qui sait parfaitement qu'elle est traitée comme la dernière des dernières, qui est consciente qu'elle n'est ni aimée ni estimée, et qui s'aplatit encore, et encore? Surtout que l'homme qu'elle aime est un truand, et que ce qu'il lui fait subir n'est rien à côté de ce qu'il inflige à d'autres gens. Mais comment considérer une femme qui, lorsque lui vient la possibilité de se venger de toutes les maltraitances qu'elle a subies, refuse, et fait tout pour que l'homme échappe à la justice? Elle n'est même pas révoltée d'apprendre que ce qu'il lui a fait, ce n'est rien, comparé à tout ce qu'il a pu faire. Elle ne souhaite même pas qu'il soit puni pour ce qu'il a fait à d'autres. On ne la plaint pas, on pense même qu'elle mérite ce qui lui arrive, et si on réclame justice contre Gilberto, c'est surtout pour les atrocités qu'il commet (pillages, meurtres, etc), mais pas tellement pour rendre justice à Catherine.

Je trouve que ce livre est très très négatif. C'est comme s'il encourageait les femmes battues à ne pas se révolter. Bien sûr, les circonstances ne sont jamais les mêmes pour personne. Et puis, peut-être que le livre veut nous montrer toute l'absurdité d'un comportement comme celui de Catherine, et veut nous forcer à agir autrement en la prenant comme contrexemple. Le livre dit peut-être: "Si vous agissez comme elle, si vous vous savez déconsidérée et méprisée, et que vous continuez de protéger et d'aider la personne, il vous arrivera malheur." En effet, le destin de Catherine n'est pas enviable. Donc, si on pense que le livre veut dissuader d'agir comme Catherine, alors, on y trouve un côté positif.
Malgré cela, je ne recommande pas ce livre. Je pense qu'il ne vaut pas la peine.

Au début, Jean-Christophe Rufin précise que c'est une histoire vraie. C'est peut-être vrai, mais le doute est permis. En effet, plusieurs auteurs ont déjà utilisé ce principe éculé de l'histoire vraie qu'on leur a racontée, et qu'ils veulent retranscrire. C'est un peu le même principe que celui de l'auteur qui trouve le manuscrit de quelqu'un, et qui décide de le retranscrire. Donc, c'est peut-être une histoire vraie, mais peut-être pas.

Éditeur: Gallimard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sandrine Strobino pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Acheter « La salamandre » sur Amazon