La princesse des glaces

L'ouvrage:
Erica Falck passe un bref séjour dans la petite ville portuaire de son enfance, Fjàllbacka. Elle doit mettre en ordre les affaires de ses parents, brutalement décédés.
Alors qu'elle passe près d'une maison, un homme en sort et la hèle. La maison renferme le cadavre de sa propriétaire: Alexandra, une ancienne amie d'Erica.

Critique:
C'est le tome 1 des aventures d'Erica et de Patrik. Il vaut mieux lire les tomes dans l'ordre (il paraît qu'il y en a déjà cinq en Suède, pour l'instant, il y en a quatre en France), mais je n'ai pas été trop gênée de lire comment la relation de Patrik et Erica a débuté, alors que je les ai vus installés ensemble dans les autres tomes.
Voici l'ordre des tomes:
1: La princesses des glaces
2: Le prédicateur
3: Le tailleur de pierre
4: L'oiseau de mauvais augure

On ne pourra pas nier que Camilla Läckberg sait raconter les histoires. J'avais presque tout deviné dans «Le tailleur de pierre», et pourtant, je n'ai pas pu lâcher le livre!
Ici, je n'ai pas deviné autant de choses, mais mon engouement était au rendez-vous. En quelques pages, l'auteur accroche son lecteur. Elle parvient même à rendre des faits secondaires intéressants.
L'intrigue est mieux ficelée que celle de «Le tailleur de pierre», à mon avis, puisque je n'ai pas pu la démanteler. J'avais deviné certaines choses, j'en soupçonnais d'autres, mais ce n'était pas aussi clair que pour «Le tailleur de pierre».
Il n'y a pas de longueurs, malgré l'épaisseur du roman.
Petit bémol: une ficelle revient trop souvent. À force de réfléchir, un personnage trouve une clé de l'énigme, l'auteur nous le dit, puis elle nous fait mariner avant de nous révéler ce qui a été trouvé. À force, c'est lourd.

Lorsque le lecteur sait tout, il ne peut penser qu'une seule chose: les parents impliqués ont été inexcusables. Seul Carl-Eric trouve un peu grâce à mes yeux, parce qu'il le reconnaît sans complaisance, sans chercher d'excuses.
On aura peut-être pitié de Véra, mais sûrement pas de Birgit.
À l'instar d'autres romans, ce livre est une mise en garde contre le non-dit. Il montre très bien comment cela peut ronger une personne.
Un autre problème se pose. Que penser de l'attitude de Yann? L'auteur en fait un personnage détestable, soit, mais c'est aussi un personnage que jamais personne n'a aidé...

L'un des thèmes abordés me révolte toujours, et je ressens l'impuissance des autorités à anéantir ces... pratiques. Je trouve quand même qu'il commence à être trop abordé dans les thrillers. Malheureusement, cette surabondance ne change rien à l'impossibilité de l'anéantir, et en plus, j'ai peur que ce thème soit galvaudé à trop être utilisé. J'ai également peur qu'il soit tant abordé pour de mauvaises raisons... c'est-à-dire pour attirer le lecteur voyeur, et pas forcément pour lui faire prendre conscience de certaines choses...

Patrik et Erica sont attachants. J'ai déjà parlé d'eux dans mes précédentes critiques, et dans ce tome 1, je les ai trouvés égaux à eux-mêmes.
J'aimais bien Anika aussi, mais dans ce roman, sa présence est réellement synonyme de détente, surtout lorsqu'elle cuisine Patrik.

Quelque chose m'a gênée: la syntaxe m'a paru maladroite à plusieurs reprises.

Remarque annexe:
J'ai beaucoup aimé le personnage de la pâtissière aux pères Noël. Elle peut paraître invraisemblable à force d'excentricité, mais elle m'a bien fait rire.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Christine Pâris.
Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib. Il sort en audio le 19 mai.

Décidément, je ne suis pas convaincue par Christine Pâris. Je trouve qu'elle fait trop de manières. Et puis, quand elle lit les rôles masculins, elle change légèrement sa voix. Elle tente de faire cela intelligemment, de faire en sorte que sa voix soit juste un peu plus grave, mais ça m'agace! Il y a des passages (surtout des dialogues) où elle parvient à se débarrasser de son ton un peu affecté (qui se rapproche un peu du ton qu'on prend pour raconter une histoire à un enfant), mais elle le retrouve très facilement. De plus, je ne sais pas pourquoi elle prononce «chapitre... 1», comme Isabelle Miller dans «Quitter le monde», de Douglas Kennedy.
Comme j'aime les romans de Camilla Läckberg, je lirai les suivants s'ils sortent en audio, mais je suis déçue que Christine Pâris soit apparemment la voix officielle de ces romans.

Acheter « La princesse des glaces » en audio sur Amazon

Acheter « La princesse des glaces » sur Amazon