La perle du sud

L'ouvrage:
Sidonie est américaine. Elle entreprend un long périple vers Marrakech.

Critique:
Ayant aimé «La rose rebelle», je pensais qu'il en irait de même pour ce roman. Or, j'ai été déçue. D'abord, je n'ai pas aimé la structure du livre. Pendant une grande partie, les chapitres alternent les récits du voyage de Sidonie et de sa vie avant le voyage. D'une manière générale, je n'aime pas ces constructions non-chronologiques, mais je reconnais que parfois, elles ont une raison d'être. Ici, il n'en est rien. On me dira que le but est de nous faire découvrir progressivement la raison du voyage de l'héroïne. Peut-être, mais j'ai trouvé cela maladroit. Une histoire de ce style ne se prête pas à ce genre de «mystère» qui n'en est pas vraiment un.

D'autre part, les personnages sont sans réelles surprises. L'héroïne est une oie blanche, ce qui, en soi, n'est pas grave, mais elle est exaspérante. Au fond d'elle, elle sait que son voyage est inutile (du moins pour les raisons qu'elle invoque), et son entêtement ne m'a pas fait éprouver de compassion pour elle. Heureusement, elle évolue quelque peu lors de son voyage. On me fera remarquer qu'elle a eu beaucoup de courage de se lancer seule dans ce genre d'expédition, surtout parce qu'elle n'est pratiquement jamais sortie de chez elle, et a toujours eu peur du monde extérieur. Soit, mais est-ce du courage ou de l'inconscience?
Étienne est très vite antipathique au lecteur. Bien sûr, l'auteur tente de lui donner les circonstances atténuantes, et de le faire passer pour un personnage complexe. Cela n'a pas vraiment pris avec moi.
Quant à Manon, elle est juste méchante et égoïste. Là encore, Linda Holeman explique ses motivations, mais cette pauvre Manon s'ingénie tant à se montrer détestable qu'elle a plutôt suscité mon indifférence.

L'intrigue est prévisible. On devine très vite ce qui va se passer. Il y a quand même deux ou trois choses que je pressentais, mais dont je ne savais pas comment elles arriveraient: je me doutais bien, cependant, que l'auteur trouverait un moyen de les créer.
La fin est adaptée au roman. Elle m'a satisfaite, car elle va à l'ensemble.

Tous ces ingrédients (sauf la structure) étaient présents dans «La rose rebelle», mais de manière moins grossière.

Éditeur: France Loisirs.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour le GIAA
La lectrice a une voix douce et agréable. Au départ, son intonation est un peu affectée, comme si elle cherchait son ton, mais cela ne dure pas. Rapidement, elle met le ton qui convient et nuance son timbre de voix (sans en faire trop) en fonction des personnages.

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