La Passe-Miroir, Livre 2 : Les Disparus du Clairdelune

L'ouvrage:
Le jour du mariage d'Ophélie et Thorn approche. C'est alors que la jeune fille reçoit une étrange lettre anonyme qui lui apprend que si elle épouse Thorn, elle mourra. D'un autre côté, sa famille, inquiète d'avoir si peu de nouvelles, décide de venir lui rendre visite au Pôle. Enfin, de curieuses disparitions ont lieu au Clairdelune.

Critique:
Quelle joie pour moi de me replonger dans les aventures des personnages de Christelle Dabos! Ce tome m'a autant plu (voire davantage) que le précédent. Le monde décrit par la romancière est toujours aussi prenant. Entre les clans, les intrigues de cour, les particularités magiques des uns et des autres, les détails du quotidien de chacun, le lecteur est complètement immergé dans cet univers. On voit que l'auteur a travaillé son monde, car il est très facile de l'imaginer. C'est dans ce décor que les animistes débarquent. Outre le choc des cultures, le lecteur pourra mieux connaître certains personnages. Le père d'Ophélie, par exemple, est effacé, mais sa bonté ne fait aucun doute. Quant à Ophélie, elle découvrira qu'elle a acquis assez d'assurance pour tenir tête à sa mère lorsque cela s'avère nécessaire.

J'ai été bien sûr ravie de retrouver la plupart des personnages rencontrés dans «Les fiancés de l'hiver». La maladresse de l'héroïne est l'occasion pour l'auteur de faire naître le rire lors de moments graves. Par exemple, Ophélie veut dire quelque chose d'important, mais elle éternue. J'ai même eu un sourire lorsque la pauvre se cogne partout en apportant un verre d'eau à Thorn, alors que l'heure est grave.
Archibald est plus sympathique dans ce tome. Il se dévoile davantage, même si, à un moment, c'est par l'intermédiaire de la lecture d'Ophélie.
Quant à Thorn, c'est un personnage qui m'est sympathique depuis le tome 1. Il est égal à lui-même. Si ses gestes sont toujours sûrs et précis, il est maladroit en paroles. Le fait qu'il ne soit pas à l'aise en société est assez comique lors de la scène du déjeuner avec la famille d'Ophélie.
La romancière a apporté le même soin à la construction et à l'évolution de ses personnages qu'à celles de son univers. Elle prend le temps de montrer leurs réactions, leurs actes. Cela les rend épais.

Le style est aussi vivant que dans le tome 1: à la fois fluide et recherché sans être pompeux.

Je n'ai pas vraiment cherché à deviner qui envoyait les lettres, ni qui faisait disparaître des personnes haut placées. J'étais trop occupée à absorber événements, ambiance, réactions... Si ces énigmes sont importantes, elles sont loin d'être le seul intérêt du roman.
J'avais peur qu'un élément de l'intrigue générale n'avance pas, ce qui aurait fini par m'agacer. Heureusement, Christelle Dabos ne fait pas traîner les choses. C'est d'ailleurs une autre qualité de cette série: rien ne traîne. Les romans sont gros, et il n'y a aucun remplissage.

L'humour est omniprésent. Il est représenté par plusieurs éléments. Bien sûr, il y a la particularité des objets venant d'Anima. L'écharpe d'Ophélie conserve ma préférence, mais j'ai bien aimé le manteau rageur. Certaines répliques d'Archibald et de Renard feront sourire. Agathe, la soeur d'Ophélie, est assez drôle parce qu'elle semble n'avoir que des idées de grandeur en tête. Enfin, il ne faut pas oublier Andouille, le chaton baroudeur.

J'ai été déçue par la fin, mais cela ne veut pas dire qu'elle soit mauvaise. Je pense que ma déception vient surtout du fait que je n'ai pas le tome 3 sous la main. En effet, je n'aime pas ce qu'implique la fin, mais l'histoire étant loin d'être finie, je sais que les choses ne sont pas figées. Je terminerai donc cette chronique par: «Vivement la suite!»

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Gallimard.

Acheter « La Passe-Miroir, Livre 2 : Les Disparus du Clairdelune » sur Amazon