La nuit quand elle vient

Note: Ce roman est la suite de «Les fruits de l'arrière-saison».

L'ouvrage:
1939. Un drame est arrivé chez Auffray, le voisin de la Vineuse. Cela touche ses habitants de près. D'autre part, certains (comme Emma) pensent, avec anxiété, que la guerre va éclater.

Critique:
Cela a été une joie pour moi de retrouver les personnages de «Les fruits de l'arrière-saison». J'ai aimé ne plus du tout être agacée par Emma. Dans cette suite, c'est un des personnages que j'ai le plus appréciés. Elle a un sens aigu de la justice, et même si elle est un peu rude parfois (si ce n'était pas le cas, ce ne serait pas Emma), j'ai toujours approuvé ses actes, et j'ai toujours compris ses motivations.

Étrangement, c'est Marie qui m'a exaspérée. Pourtant, je sais que je suis injuste envers elle. Elle travaille dur pour que sa ferme prospère, et cela lui est tombé dessus avec les premiers événements du tome 1. Elle n'y était pas du tout préparée, et a su gérer la situation. Cela l'a endurcie, et elle a malheureusement fait passer d'importantes choses au second plan. Au cours du roman, elle se remet en question, mais pour moi, ne fait pas assez d'efforts. De plus, il m'a semblé que sa place dans l'histoire devenait moins importante que celle d'Emma, alors que dans le tome 1, c'était l'inverse. Je me suis dit que puisqu'elle m'agaçait, elle méritait d'être moins importante. ;-)

Quant à Louise (qui m'embêtait aussi), je n'ai pas réussi à vraiment l'apprécier, mais... quelque chose me l'a rendue un peu plus sympathique: c'est le fait que sur un point, elle est comme moi. ;-)

La plupart des autres personnages m'ont été très sympathiques: Gabin (qu'on apprend à connaître), Claire et Baptiste (même si on les voit très peu), François (qui prend conscience de ses failles), Jeanne (qui tente de gérer les événements au mieux), Roberjo et Andrio (dont la complicité est très plaisante)...

Comme d'habitude, Aurore Py montre des personnages qui, avant tout, sont humains. Ils doivent se débrouiller avec des paramètres pas toujours évidents, des coups que leur envoie la vie, et chacun s'en sort comme il peut. Au passage, certains développent des traits de caractère qui ne me plaisent pas toujours, mais qu'aurais-je fait à leur place?

L'intrigue est sans temps morts. À un moment, je me suis surprise à penser: «Mince! J'en suis au chapitre 36, et il n'y en a que 56! Mais c'est pas assez!»
À la fin de «Les fruits de l'arrière-saison», je n'attendais pas particulièrement de suite. Après avoir achevé «La nuit quand elle vient», j'espère qu'il va y avoir une suite... et que ce sera le prochain roman d'Aurore Py.

Remarques annexes:
Moi qui aime beaucoup trouver de l'imparfait du subjonctif dans les livres, il m'a plu que la romancière l'emploie plusieurs fois. Parfois, il n'était pas employé alors que la concordance des temps l'aurait permis, et je me disais: «Oh! Quel dommage!» ;-)
Aurore Py fait partie des rares personnes qui ne se trompent pas en utilisant le verbe «palier»: elle met bien un complément d'objet direct et non un complément d'objet indirect (faute que beaucoup font).

Service presse des éditions de l'Aube.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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