La nuit dernière au quinzième siècle

L'ouvrage:
Jean-Luc Talbot vit avec Corinne et son fils adolescent, Julien. Il est contrôleur des impôts. Dans la petite ville où il vit, les superstitions sont profondément ancrées en chacun. Son collègue, Raphaël Martinez, lui conseille tout un tas de précautions afin de se garder contre le mauvais sort.

Un jour, après une dénonciation, les deux collègues vont contrôler l'entreprise Picard qui a ses quartiers au château de Grénant. C'est alors que les ennuis commencent...

Critique:
Une fois de plus, Didier Van Cauwelaert s'essaie au surnaturel. Pour moi, ce n'est pas vraiment réussi. Bien sûr, on retrouve des façons de faire qui sont la signature de l'auteur, et qui plaisent bien: le couple un peu atypique, des répliques humoristiques, des personnages attachants (notamment Julien, même si c'est un personnage secondaire). Seulement, l'intrigue principale, cette histoire de vies antérieures, ne prend pas. Les théories sont intéressantes: mieux agir dans sa vie antérieure pour avoir une meilleure vie future, changer le passé avec son imagination, l'esprit d'un enfant cherchant à s'incarner, la transmission d'éléments par écriture automatique, etc. Seulement, tout cela a été utilisé et réutilisé maintes fois. Didier Van Cauwelaert écrit beaucoup, et peut-être devient-il une sorte de produit commercial: son éditeur lui demande tant de livres par an. En tout cas, on dirait qu'il ne savait pas de quoi il pourrait bien parler, et qu'il a choisi un thème déjà abondamment traité, et sur lequel il n'a fait que broder autour des théories déjà existantes. Il n'a rien apporté de plus.
D'autre part, cette histoire d'amour par-delà les siècles ne m'a pas convaincue du tout. Et puis, tromper quelqu'un qu'on est censé aimer, même avec quelqu'un qu'on est supposé avoir aimé dans une autre vie, c'est tout de même une infidélité.

Les thèmes et théories abordés l'ont tellement été que l'auteur aurait pu se rattraper en imaginant que tout cela était un complot, et que ça n'avait rien à voir avec le surnaturel. Le narrateur l'envisage, d'ailleurs. Cela aurait peut-être donné plus de force au roman, et aurait montré comment on avait su se servir de thèmes faisant partie de la connaissance commune. Ça aurait donné un petit parfum de renouveau à tout cela.

Bref, je ne pense pas que ce livre vaille le détour. Je l'ai fini pour savoir la fin, et parce que j'aime bien le lecteur.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Hervé Lavigne pour les éditions VDB.

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