La nuit de l'Orcière

L'ouvrage:
Années 70. Lorsqu'elle épouse Robert Chevrier, Louise devient la maîtresse de l'Orcière, la maison de son époux. Seulement, elle doit composer avec la présence de Rémi, le père de Robert. Le vieux n'est pas aimable, et semble guetter les faits et gestes de la jeune femme. D'autres événements vont, peu à peu, rendre l'atmosphère oppressante.

Critique:
Je ne suis pas friande de romans du terroir. En ayant lu pendant mon adolescence, j'ai maintenant peur d'y trouver du sirupeux et de l'invraisemblable, donc je m'en éloigne. J'ai tenté «La nuit de l'Orcière» parce qu'outre un synopsis intéressant, il est lu par un lecteur dont j'apprécie les interprétations. Je suis contente d'avoir essayé ce roman, car il m'a plu. C'est un roman du terroir, mais on n'y trouve pas les ingrédients qui me déplaisent. Reste ce qui me convient: le fait que nous sommes dans un village campagnard. En outre, un élément qui aurait pu m'agacer ne va pas assez loin pour que je râle, donc...

Si le père de Robert est un élément dont on se méfie rapidement, l'intrigue ne tourne pas uniquement autour de sa présence. Bien sûr, il interfère de différentes manières dans les rapports entre Louise et Robert, mais la jeune femme ne fraie pas uniquement avec lui. Par exemple, elle et sa grand-mère (qui, apparemment, fait une délicieuse charlotte au chocolat) sont très complices. Louise adore lire (fait qui introduit un pan de l'intrigue). Enfin, elle devient amie avec Rosa, la femme qui vient faire le ménage à l'Orcière.

À mesure que les choses avancent, la tension monte pour différentes raisons. Les motifs des uns et des autres sont «simples», mais cela ne fait pas que ce roman est simpliste. Pour moi, les faits ne sont pas trop gros. Certains penseront peut-être que des éléments sont du remâché. Pour ma part, je pense que l'auteur a su les introduire sans que cela n'amène de l'ennui. Une fois que j'ai compris que Rémi n'était pas net, j'attendais de voir quel serait son prochain stratagème, et je me demandais si ceux qui s'en apercevraient pourraient le déjouer.
Robert est un personnage intéressant. J'ai compris ses différentes réactions quant à ce qui arrive dans son couple. Il est un peu bourru, et n'exprime pas facilement ses sentiments, mais lors du premier «coup dur», il ne réagit pas si mal. Je me serais attendue à ce qu'il se referme. Ensuite, se débattant entre ce qu'il souhaite pour son entreprise et sa conscience, il effraie et attendrit à la fois. Enfin, la toute dernière chose qu'il fait montre sa lucidité quant à sa situation.

J'ai été un peu frustrée par la fin. J'aurais aimé savoir comment se passent les choses ensuite. On peut, certes, l'imaginer...

Éditeur: Presses de la cité.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Yves Vanmeenen pour la Ligue Braille.

Il me plaît toujours de retrouver ce lecteur qui n'est jamais monotone, et n'en fait jamais trop. Ici, il n'a pas démérité.

Acheter « La nuit de l'Orcière » sur Amazon