L'ouvrage:
Laura Lochner, vingt-huit ans, a été plaquée par SMS. Dévastée, elle quitte son travail à Wall Street, et part se réfugier chez sa soeur, Rosie. Celle-ci vit avec son mari (Joe) dans la ville où ils ont grandi: Bronston, dans le Connecticut. Laura tente de remonter la pente, et s'inscrit sur un site de rencontre. Bientôt, elle a un rendez-vous avec un certain Jonathan Fields. Le lendemain du rendez-vous, Rosie s'aperçoit que sa soeur n'est pas rentrée...

Critique:
Après avoir aimé «Emma dans la nuit», j'ai sauté sur l'occasion de lire «La nuit d'avant». Je n'ai pas été déçue. Les petits reproches que je ferai sont du pinaillage.

Dès le départ, l'autrice nous présente une équation compliquée. Laura n'est pas uniquement une jeune femme souffrant parce que celui qu'elle aime l'a quittée. Elle a un passé, et celui-ci fait que le lecteur ne peut pas lui faire absolument confiance. Cette ficelle paraît facile, seulement, elle est bien utilisée, parce que je n'ai pas passé mon temps à me demander si Laura était digne de confiance. Certes, je me suis posé des questions, mais j'étais prise par le récit, et le suivre m'empêchait de m'interroger.
Ensuite, je suis contente, car Wendy Walker m'a bernée en usant de vieilles ficelles. En fait, elle a mêlé deux ficelles du même type (celles dont on pense qu'elles ont été tellement surexploitées que ce serait une honte de les employer) et elle a laissé le lecteur (du moins moi) se tromper. Il y a une des ficelles à laquelle j'ai crue tout en n'aimant pas ce qu'elle impliquait, et cette ficelle était un faux indice. Quant à l'autre (celle qui montrait où était la solution), je ne l'ai absolument pas vue venir, alors que la romancière a semé plusieurs indices la concernant. Et après cela, j'ai râlé après certains personnages qui, à mon avis, ne comprenaient pas assez vite. Oui, mais il faut quand même que je précise que j'avais compris seulement trente secondes avant l'un d'eux. ;-)
Lorsque j'ai remonté le fil des indices, je n'ai trouvé aucune incohérence. J'ai même pensé que j'aurais dû deviner plus tôt.

J'ai éprouvé à la fois de la compassion et de l'agacement quant à Laura. Je trouvais qu'elle traînait beaucoup de casseroles, et je doutais parfois de ses efforts pour s'en débarrasser. Cependant, dès son enfance, elle s'est débattue dans des relations familiales compliquées.
Je ne peux pas trop dire ce que je pense des autres personnages, car j'orienterais trop le lecteur sur le degré d'appréciation que mérite chacun.

Wendy Walker a pris le temps de finir son roman. Il n'est pas bâclé. En bonne pinailleuse, j'aurais aimé qu'elle fasse un autre chapitre disant comment se passent les choses après. J'aurais même apprécié qu'elle nous apprenne que «le méchant» a succombé à une maladie quelconque ou à autre chose d'extrêmement douloureux. ;-)

Éditeur: Sonatine.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Karine Gremaud Mettraux pour la Bibliothèque Sonore Romande.

C'est avec plaisir que j'ai retrouvé cette lectrice dont le ton est toujours adéquat: ni trop sobre, ni affecté. Malheureusement pour moi, ici, elle a prononcé certains noms propres (celui de l'auteur, de la ville...) en prenant un accent anglophone. Je trouve toujours cela anti naturel (imaginez cela dans une conversation de tous les jours).