L'auteur:
Voir le billet sur Serge Brussolo.

La meute L'ouvrage:
Georges Mareuil Mondesco a eu une enfance tourmentée. Son père, Werner, voulait le modeler à son image. Il était empailleur, et adorait tuer lui-même les animaux qu'il empaillait. Il s'était même offert le luxe d'un petit parc avec des animaux dans son jardin. Animaux qu'il s'amusait à pourchasser et à tuer: la chasse de la manière la plus lâche, la plus vile, la plus pleutre, la plus méprisable qui soit. Un caprice d'enfant gâté. Un jour, Werner convie même les petits camarades de son fils à participer à l'une de ces boucheries.
Plus tard, il force Georges à empailler des animaux.
Georges aime les animaux. Il n'a ni le goût de la chasse, ni le goût de l'empaillage.
Et puis, la folie de Werner s'accentue. Il empaille des animaux, et leur fait prendre des positions obscènes. Par exemple, dans son musée, on peut voir un gorille copulant avec une biche.
Un jour, Georges assiste, sans pouvoir rien faire, au meurtre de son père par les deux molosses que Werner dressait à être des brutes sanguinaires. Depuis ce jour-là, Georges se sait investi d'une mission. Il doit payer pour le mal que Werner a fait aux animaux...

Sarah est orpheline. Elle a été maltraitée à l'orphelinat. Puis, elle est tombée entre les mains d'une femme qui l'a exploitée: elle était enfermée dans un placard, et devait subir les assauts d'une kyrielle d'hommes, et parfois de femmes.
Sarah a juré de se venger de tous ces gens. Elle va se servir de la folie de Georges pour arriver à ses fins.

Critique:
Les idées de départ ne sont pas mal. Les traumatismes des personnages, leur psychologie, tout cela est intéressant. L'idée que la maison, les animaux réclament vengeance pour le mal qu'on leur a fait est intéressante aussi. Malheureusement, le livre est très long à démarrer, on a du mal à y entrer.
En outre, il y a trop de sang, trop de spectaculaire. Il y a beaucoup de scènes sanglantes qui se veulent effrayantes, mais qui sont plus écoeurantes qu'autre chose. Par exemple, la scène de chasse orchestrée par Werner, ou le cadavre de l'un des personnages dévoré petit à petit. Il y a tout de même des scènes qui remplissent bien leur rôle, et effraient: la scène où Georges et Sarah vont chez Marie Pointard, la scène où Werner est tué...
Il est intéressant de voir comment Sarah essaie de trouver tout un tas d'explications rationnelles pour ne pas sombrer dans la folie, ne pas adhérer aux théories de Georges.

Le livre traîne beaucoup, et la fin est en queue de poisson. C'est une fin où on a envie de dire: "Et alors? Qu'est-ce qui va se passer?" Donc, il y a de bonnes idées, mais je ne conseille pas vraiment ce livre. Il est plus gore qu'effrayant. Le spectaculaire et le sang y ont une part plus grande que les motifs psychologiques, ce qui, à mon avis, est dommage.

D'après ce que j'ai lu, Brussolo a beaucoup aimé écrire ce livre, car il s'est lui-même fait très peur.

Éditeur: Gérard de Villiers.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Philippe Lachaud.

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