La mémoire du thé

L'ouvrage:
Li-yan fait partie de la minorité chinoise des Akha. Sa famille habite dans un petit village où on récolte le thé. Sa mère est sage-femme et guérisseuse. Très jeune, Li-yan se pose des questions quant à certaines croyances et traditions, lorsqu'elle voit le mal qu'elles font à une famille de son village.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu.
Avec subtilité, Lisa See oppose la superstition au bon sens, mais montre aussi que certaines croyances peuvent avoir du bon. Tout comme Li-yan, le lecteur sera atterré de ce que pensent les Akha quant au fait de donner naissance à des jumeaux. Cependant, je n'ai pu m'empêcher de faire le parallèle avec les occidentaux soi-disant civilisés qui rejettent une personne à cause de la couleur de sa peau, d'une autre différence physique, morale, ou vestimentaire. C'est la même chose (bien que ce soit fait de manière plus subtile) que ce que les villageois du roman font subir à la famille qui a eu des jumeaux.
Plus tard, dans le roman, Li-yan parvient à concilier son attachement à sa culture, à ses racines, et le bon sens que lui ont donné son vécu et son bon jugement.

Le thème des racines est également évoqué de plusieurs façons. Notre héroïne finit par quitter son village, et découvre d'autres manières de faire et de penser. Elle en prend les bons côtés, mais ce n'est pas pour autant qu'elle rejette les siens.
L'auteur aborde cette recherche des racines autrement, d'une manière que j'ai du mal à concevoir parce que je ne suis pas dans la situation du personnage d'Hailey. Ne pas parvenir à me mettre à sa place m'agace, parce que pour moi, il est primordial de faire preuve d'empathie. La romancière évoque très bien les choses à travers Hailey et celles qui partagent sa quête. Elle explique leur points de vue, ce qui fait qu'on comprend mieux leurs raisons. Les remarques stupides qu'elles prennent en pleine figure sont un modèle de bêtise, d'intolérance, de pensée clichée... Ces remarques renforcent leur besoin de se retrouver, d'être «entières». Dans le cas d'Hailey, on a d'autant plus envie qu'elle atteigne son but qu'on connaît son histoire, et qu'on sait que d'autres souffrent de son absence.

L'intrigue ne souffre pas de temps morts. C'est majoritairement l'histoire d'une femme qui apprend de ses erreurs, qui se construit, qui acquiert sagesse et humilité.
J'ai été déçue par la fin. Ce qui arrive m'a plu, mais j'aurais aimé qu'il y ait un chapitre supplémentaire. Peut-être l'auteur prévoit-elle une suite...

Outre les coutumes des Akha, ce roman nous raconte des pans de l'histoire du thé. Entre les faits relatés par Hailey dans sa dissertation et ceux vécus par Li-yan, on apprend certaines choses. Moi qui aime beaucoup le thé (et notamment le Pu erh dont il est beaucoup question ici), j'ai apprécié qu'il soit un élément incontournable du roman.

Éditeur français: Pygmalion
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Ruthie Ann Miles, Kimiko Glenn, Alexandra Allwine, Gabra Zackman, Jeremy Bobb, Joy Osmanski, Emily Walton, et Erin Wilhelmi pour les éditions Simon and Schuster Audio

Acheter « La mémoire du thé » sur Amazon