La marque de Windfield

L'ouvrage:
Angleterre, collège de Windfield, 1866. Dans les bois près de l'établissement, se trouve un trou d'eau. Ce jour-là, les collégiens n'ont pas le droit de s'y baigner, n'étant pas autorisés à quitter l'école. Micky Miranda, ayant trop chaud, décide de braver l'interdit. Il entraîne son camarade, Edward (appartenant à la riche famille de banquiers Pilaster). Là-bas, ils découvrent que trois autres adolescents (dont Hugh, cousin d'Edward) ont eu la même idée qu'eux. Edward s'amuse alors à jeter les habits de ses camarades dans l'eau, ce qui engendre une bagarre. Hugh parvient à récupérer ses affaires et à s'enfuir avant la fin des hostilités. Par la suite, il apprend que l'un de ses deux compagnons, Peter, s'est noyé. Cela lui semble suspect pour plusieurs raisons, mais à ce moment, il n'a pas le temps de creuser cette histoire, car le même jour, on lui annonce que son père, ruiné, s'est suicidé.

Critique:
Je sais que Ken Follett a touché à plusieurs genres. Par exemple, j'ai adoré les deux premiers tomes de «Les piliers de la terre» qui se passent dans l'Angleterre des années 1120 et plus puis 1320 et plus. Ici, l'époque et les gens sont totalement différents, et le livre m'a beaucoup plu, même si, en bonne pinailleuse, j'ai quelques petites remarques. Commençons par cela: j'ai trouvé dommage que les «méchants» ne soient pas un peu punis au long du livre, notamment deux personnages vraiment horribles dont j'aurais aimé qu'ils reçoivent certaines déconvenues bien avant la fin. On me dira que cela arrive lorsque l'une d'eux n'obtient pas ce qu'elle veut concernant Nora et que, de ce fait, les conséquences ne sont pas celles qu'elle espérait. Certes, mais de toute façon, n'aimant pas Nora, j'aurais préféré qu'elle ne fasse pas partie du paysage. J'ai quand même été contente qu'elle réussisse à damer le pion à la méchante. Quant à l'autre personnage immonde, il obtient toujours ce qu'il veut... du moins, sur une trop grande partie du roman. D'autre part, j'aurais aimé qu'un couple se forme bien plus tôt, et qu'on puisse profiter de scènes où les deux personnages sont heureux ensemble.

Le roman est assez épais (plus de 18h en audio) et pour moi, ne souffre d'aucune longueur. Bien sûr, je pestais lorsque l'auteur passait délibérément d'un moment où des choses importantes allaient être dites à d'autres personnages dont la vie était (à mes yeux) moins intéressante. Je sais que cela est fait exprès, que beaucoup d'auteurs font ainsi, mais certains s'arrangent pour que cela soit un peu moins flagrant. En fait, je pestais surtout quand j'arrivais aux chapitres montrant les «méchants» que je n'aimais pas.
«Allons donc, ils vont encore intriguer, manipuler, empêcher de bonnes choses d'arriver! grognais-je.»
De toute façon, j'ai fini par apprécier ces moments parce qu'ils faisaient avancer l'intrigue. Elle est d'ailleurs très réaliste, il n'y a pas d'incohérences. Chaque personnage est analysé, bien exposé. Quant aux péripéties, elles s'enchaînent avec fluidité et sont toujours crédibles. Entre chaque partie, il s'écoule plusieurs années. Je pensais que ces ellipses m'ennuieraient, mais cela n'a pas été le cas. Pourtant, je n'aime pas du tout les sauts si importants dans le temps. Par exemple, il se passe onze ans entre la fin d'une partie et le début de la suivante. L'auteur a fait en sorte que ces ellipses ne fassent pas ressembler son roman à du gruyère. ;-)
À un moment, je me suis demandé comment l'écrivain allait se débarrasser de certains personnages. J'imaginais que ceux-là finiraient par disparaître. J'avais peur qu'il fasse n'importe quoi, mais non. Pour l'un d'eux, il a trouvé les bonnes circonstances, et ce qui arrive n'est pas du tout incongru. Quant à l'autre, Ken Follett a méticuleusement préparé ce qui finit par advenir.

Après avoir bien craché sur les méchants, je ne peux pas trop dire qui ils sont, sinon, ceux qui n'ont pas lu le roman n'auront pas de surprises. Je vais donc citer quelques «gentils» (mais pas tous). Bien sûr, j'ai apprécié Hugh (le personnage principal) qui, malgré un tempéramment parfois un peu dur, tente toujours de faire au mieux, pense à ceux qui le méritent, et ne tend pas l'autre joue à ceux qui l'ont piétiné. J'ai très vite apprécié Maisie qui s'écarte de la personne vénale qu'elle pensait être. À mesure qu'elle évolue, elle se rend compte qu'elle a une conscience, des sentiments, et elle finit par refuser d'être la garce qu'elle imaginait avoir le droit d'être. L'auteur a fait en sorte que le revirement de Maisie soit crédible. Elle n'a pas du tout l'air d'une midinette au coeur en shamallow. D'ailleurs, elle fait de son mieux, mais accepte une situation qui l'avantage et qu'elle pouvait refuser. Bien sûr, si elle avait agi ainsi, le lecteur n'y aurait pas cru. Le personnage est donc à la fois vraisemblable et sympathique. C'est là toute la force de l'auteur et tout le charme de Maisie.
D'autres personnages m'ont plu, comme Rachel ou Solly... Quant à Emily, elle est un peu naïve au départ, mais fait preuve d'une grande force de caractère, et est attachante. J'ai aussi apprécié qu'un personnage finisse par reconnaître ses erreurs.

J'ai trouvé une petite incongruité: il est un peu étrange qu'une famille sud-américaine ait pour nom Miranda, ce qui fait davantage anglais qu'espagnol...

Un très bon moment de lecture!

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Thierry Blanc.
Je ne connaissais pas du tout ce comédien. J'ai beaucoup apprécié son interprétation. Trouvant toujours le ton adéquat à la fois pour les émotions des personnages et la narration, il évite habilement le surjeu et la monotonie. En outre, il joue les protagonistes féminins d'une manière très naturelle, sans pousser sa voix dans les aiguës. Comme je suis pénible sur un certain sujet, je ne peux m'empêcher de l'évoquer: je n'ai pas aimé qu'il prononce certains noms anglais en prenant un accent. Cependant, il n'en fait pas trop, donc c'est passé. De plus, il fait malheureusement partie de ceux qui croient qu'il faut prononcer «Migouel» pour Miguel afin d'adopter une consonance espagnole...
J'espère que Thierry Blanc enregistrera d'autres livres qui me tenteront.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée. Il est divisé en parties, elles-mêmes divisées en chapitres constitués de sous-chapitres. Certains de ces sous-chapitres sont coupés en deux pistes.

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