La maison des soeurs

L'ouvrage:
C'est bientôt Noël. L'anniversaire de Ralph approche également. Sa femme, Barbara, veut lui faire un cadeau: ils vont tous les deux en vacances dans un petit village. La propriétaire de la maison où ils vont passer leurs vacances ira chez sa soeur pendant ces quelques jours.

Après l'installation dans la maison, une tempête de neige éclate. Bloqués dans la maison sans nourriture et sans électricité, Barbara et Ralph tentent de s'en sortir, tout en essayant de comprendre pourquoi leur mariage bat de l'aile.
En cherchant de quoi faire du feu, Barbara trouve le manuscrit de la précédente occupante des lieux, Frances Grey. Frances raconte sa vie. Barbara lit le manuscrit.

Critique:
Je ne sais pas si c'est moi qui aime moins Charlotte Link ou si ce livre est moins dans le goût des amateurs de cette romancière, mais je n'ai pas vraiment adhéré. C'est peut-être moi qui deviens difficile, car j'ai lu des avis élogieux émanant de personnes aimant Charlotte Link.

D'abord, j'en ai assez, de ces auteurs qui nous mettent les deux guerres mondiales (surtout la seconde) à toutes les sauces! Bien sûr, ici, Charlotte Link articule la vie de ses personnages autour de l'histoire, et il peut être intéressant de voir comment chacun prend tout ce qui arrive, mais c'est agaçant parce que beaucoup font cela, et c'est remâché. En outre, on dirait qu'il ne se passe pas grand-chose entre les deux guerres... Frances raconte ce qui se passe un peu avant la première, un peu après, puis ne dit rien jusqu'à la guerre suivante. C'est un peu artificiel.

Charlotte Link ne renouvelle pas vraiment le genre. Ce roman n'apporte rien d'original ou de transcendant. J'ai trouvé l'intrigue assez prévisible et trop lente. Accessoirement, j'ai trouvé très gros que Laura ait passé seize ans à chercher le manuscrit, et que Barbara le trouve en un claquement de doigts, sans même savoir qu'il y avait quelque chose à chercher.
Quelqu'un m'a dit que la fin l'avait surpris, je ne vois pas trop ce qui est étonnant... Bien sûr, il y a certaines révélations, mais je n'ai pas sauté au plafond en les entendant.

Les personnages ne m'ont pas convaincue. Je les ai regardés s'agiter, ne pas parvenir à communiquer, se lancer haine et rancoeurs au visage, vivoter parce qu'ils ne savaient pas vivre... Je ne me suis attachée à aucun, sauf peut-être un peu à Ralph.

Frances serait pourtant intéressante: elle tente de faire avancer la cause féminine, mais ne sait pas construire sa vie, ne sait pas aimer ni être aimée... Justement, son insensibilité m'a rendue distante à l'égard de ce personnage. Elle n'a pas su me toucher parce que je n'ai pas vraiment vu ses faiblesses. Elle a agi bêtement, parfois, mais elle ne semble pas vraiment vouloir faire ce qu'il faut pour avoir une vie meilleure.

Victoria est détestable, mais trop caricaturale. Donc j'ai été plutôt indifférente vis-à-vis de ce personnage. À force de mettre en évidence sa bêtise et sa méchanceté, l'auteur n'a su faire ressortir que sa fadeur, et je n'ai même pas pris la peine de me fatiguer à la détester.
Charles n'évolue pas: il reproduit le schéma paternel, ne l'admet pas, s'enferre. Je l'ai trouvé très négatif.
Alice laisse passer sa vie, et il faut qu'il arrive quelque chose de grave pour qu'elle ouvre les yeux. Elle m'a agacée.
J'ai eu pitié des personnages broyés par la vie, mais qui, eux, auraient pu s'en sortir: George, John, Laura...
À part cela, les personnages ne sont pas vraiment positifs.

Barbara est peut-être celle qui m'a le plus énervée: qu'elle soit carriériste, d'accord, mais qu'elle ne se remette pas en question, qu'elle n'écoute personne, ça tape sur les nerfs. Et puis sa pulsion vis-à-vis de l'un des personnages, c'est totalement invraisemblable.

Je relirai des livres de Charlotte Link parce que j'en ai apprécié deux, et que je veux savoir si c'est moi qui ai changé.

Éditeur: Presses de la cité.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sabine Veyrat pour l'association Valentin Haüy.

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