La maison des enfants Voir la critique du tome 1.

L'ouvrage:
Voilà trois ans que Margaux Lespoir-de Montpensy a rendu sa blouse. Elle qui s'est tant battue pour être chirurgien ne le peut plus. Elle ne s'en sent plus le droit, et cela lui ferait trop mal, après ce qui s'est passé lors de sa dernière opération. Elle travaille maintenant au ministère de la santé, à Paris. Elle s'occupe d'enfants, du moins de leurs dossiers.

Un jour, son patron lui demande d'aller enquêter dans une association appelée la maison des enfants. Cette maison est un ancien hôtel particulier. On y accueille des enfants à qui la vie a infligé des traumatismes. On essaie de les y guérir. Ce qui préoccupe le ministère est le suicide d'une pensionnaire de la maison. La mère de l'enfant a porté plainte contre l'association, l'accusant de négligence. Margaux est donc chargée de confirmer ou d'infirmer cela. Si la plainte aboutit, si l'on établit qu'il y a eu négligence, la maison sera fermée, ce dont rêvent certains.
La maison se trouve à Auxerre, en Bourgogne, là où Margaux travaillait avant. Cela ne l'enchante pas. Elle ne veut pas retourner en Bourgogne, car la blessure qu'elle y a reçue n'est pas encore cicatrisée.

Au cours de son enquête, Margaux découvre des personnes attachantes: le personnel de l'hôpital, et les enfants qu'il abrite.

Critique:
Janine Boissard choisit un sujet qui, allié à son talent saura nous émouvoir. En commençant ce livre, je me doutais que le sujet traité serait exploité avec justesse. Je ne me suis pas trompée. Elle nous parle d'abord d'enfants ayant subi des choses qui les ont traumatisés. Nous découvrons surtout France, Kenza, Martin, Cédric, et Hugues.
Au Cambodge, France a vu mourir sa mère, et en se sauvant, a perdu une jambe en marchant sur une mine.
Kenza cherche sa place. Depuis que son petit frère est né, ses parents sont en admiration devant lui, et elle se sent exclue.
Martin a vu son frère se noyer sans pouvoir rien faire. S'accuse-t-il? Proteste-t-il? Il ne parle plus, en tout cas.
Cédric est maltraité psychologiquement par son père.
Quant à Hugues, ce qu'il a vécu l'a rendu malveillant.
Avec cet éventail de situations, Janine Boissard nous fait explorer diverses réactions. Tout n'est pas tout blanc. Par exemple, Hugues ne veut pas être aidé. Il exprime sa douleur en étant malfaisant. A la fin, il y a une petite note d'espoir pour lui, mais je n'y crois pas vraiment.
Kenza vit une situation banale. Pourtant, la romancière sait faire naître nos émotions, lorsque la petite fille somatise. Dans certaines familles, lorsqu'un enfant se sent exclu, il est souvent vrai que l'autre enfant est préféré. Dans celle de Kenza, il semble que cela ne soit pas le cas. C'est donc à elle de trouver sa place.
Avec le cas de Cédric, Janine Boissard veut nous faire comprendre que si la violence physique est atroce, il existe aussi la violence morale, psychologique. Elle compare souvent les deux, lorsqu'elle évoque Cédric.
Pour ce qui est de France, je vous laisse la découvrir.

Le sujet traité et les personnages nous offrent, comme dans beaucoup de livres de Janine Boissard, le rire, les larmes, l'émotion... Il me semble tout de même que ce livre est plus grave, que l'humour y est un peu moins présent que dans les "Belle grand-mère" ou que dans Une femme en blanc et "Marie-tempête".
Il est un peu dommage que le schéma amoureux ressemble fortement à celui du tome 1. C'est-à-dire que Margaux est avec un homme presque faute de mieux, et parce que l'homme tient à elle, puis elle découvre celui qu'il lui faut.
Il est également dommage que Margaux ne nous dise rien sur ce que sont devenus Marie et Jordan. Il semblerait que Janine Boissard ait oublié Marie. Nous l'avons laissée forte d'un projet qu'elle allait monter avec la mère de Margaux, Mathilde, et nous retrouvons Mathilde sans savoir ce qu'il est advenu de Marie.

A part ces petits bémols, le livre est bien. Un peu moins que "Une femme en blanc", mais bien quand même. Pour ceux qui aime la façon particulière qu'a Janine Boissard de susciter l'émotion, il est à lire.

Éditeur: Robert Laffont.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marguerite Delacrétaz pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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