La fourmillière L'ouvrage:
Milan.
Michael Corteo est un excellent photographe. Il est marié avec Rosellina. Ils ont une fille, Alessandra.
La mère de Michael, Mona Tremiti, est une présentatrice de radio célèbre.
Eugenio Scalea, le père de Rosellina, est le questore, le chef de la police. Il mène sa ville d'une main de fer. Il est craint et obéi de tous.

Michael aime sa femme et sa fille, mais lorsqu'il rencontre Paola, la tête lui tourne. La prima donna, capricieuse et raffinée, l'entraîne dans un tourbillon de plaisirs défendus qui le grisent. Il part pour les Etats-Unis, officiellement pour son travail (il travaille pour Paola), officieusement pour suivre Paola.

Un jour, Rosellina baisse les bras. Elle ne peut plus continuer. Quelque chose en elle doit sentir que son mari lui échappe. C'est trop dur... Elle avale des cachets et de l'alcool.

Critique:
C'est une espèce de polar romanesque. On y trouve de tout: une enquête, de l'humour, du mélodrame... Paola et Eugenio sont des personnages types. Paola est une emmerdeuse (il faut appeler un chat un chat), une peste superficielle et égoïste. Elle se rend compte de tout cela lorsqu'il est trop tard. Le lecteur oscille entre la compassion et l'indifférence quant à son sort. Ce qui lui arrive (et surtout la façon dont cela lui arrive) est abominable, mais se serait-elle remise en question si cela ne s'était pas produit?
Quant à Eugenio, il est presqu'une caricature: le personnage tyrannique, habitué à exercer sa suprématie, habitué à plier la loi à ses désirs. On pourrait l'excuser, car il adore sa fille, et veut agir dans son intérêt, mais il la prend pour une fleur fragile, qu'aucun coup de vent ne doit effleurer. S'il pouvait, il la mettrait sous cloche, sous verre. Le lecteur voit également Rosellina comme cela, mais il sait que c'est à cause de la surprotection de son père.
Rosellina évolue au long du livre. On se rend compte qu'elle a du caractère, qu'elle n'est pas toute blanche, et qu'elle veut prouver qu'elle n'est pas juste une petite poupée délicate.

On trouve assez vite que David est un faux coupable. L'enquête traîne un peu. Le livre, dans son ensemble, traîne un peu. Mais il vaut la peine d'être lu, d'abord pour la psychologie des personnages, (même si certains sont caricaturaux), ensuite pour certains épisodes (le sauvetage de Rosellina, l'éclat de Mona, la fuite de Rosellina de l'hôpital, et d'autres), et enfin, pour le livre dans son ensemble. Même si certaines choses sont un peu tirées par les cheveux, on a envie de savoir la suite, de savoir comment les personnages vont s'en sortir. On passe un bon moment, on a du mal à lâcher le livre avant la fin.

Éditeur: éditions n°1.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marguerite Delacrétaz pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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