La fille du marchand de saphirs

L'ouvrage:
Ceylan, 1935. Louisa est mariée à Elliot, un homme d'affaires. La jeune femme souhaite être mère, mais ne fait que des fausses couches. De plus, Elliot s'absente souvent, ce qui la désempare. Alors qu'il vient d'acheter une vieille imprimerie dans le but d'en faire une bijouterie, Elliot meurt dans un accident de voiture. Outre la douleur de la perte, Louisa doit affronter celle que déclenchent des découvertes concernant son défunt mari.

Critique:
Lire ce roman a été un pari. En effet, la quatrième de couverture laisse entrevoir qu'il y a une histoire d'amour qui pourrait me sembler trop soudaine et mal amenée. Cependant, j'ai écouté mon instinct, car depuis des années, il ne me trompe pas. Encore une fois, j'ai eu raison car le livre m'a plu. L'histoire d'amour n'est pas trop mal amenée. Elle est préparée par les circonstances, et ne jaillit pas comme un cheveu sur la soupe. Et puis, les deux personnages ne sont pas toujours à se faire les yeux doux...

Louisa semble un peu trop parfaite. Cela ne m'a pas ennuyée, alors que cela aussi est le genre de choses qui m'agacent. Sa «perfection» est ternie (c'est peut-être ce qui a fait que ça ne m'a pas ennuyée) par son aveuglement concernant Elliot. De plus, pour moi, lorsqu'un personnage désire un ou des enfants plus que tout, c'est d'emblée un mauvais point dans ma tête. Donc, indépendamment de sa volonté, Dinah Jefferies m'a donné une raison de ne pas trouver Louisa parfaite. ;-) En outre, j'espère qu'à sa place, j'aurais toujours agi comme elle. Au long du roman, une question se pose, concernant les possibilités d'agir des «méchants». J'ai eu peur que l'autrice la résolve d'une manière qui m'aurait semblé un peu grosse. Heureusement, elle a trouvé quelque chose de plus crédible, et n'a pas fait ce dont j'avais peur.

Certains diront que le revirement final d'un personnage n'est pas crédible. Là encore, l'autrice a su l'amener. Le personnage précise bien qu'il a changé d'avis après avoir discuté avec deux autres, surtout l'un d'eux. De ce fait, elle sauve son revirement en le rendant crédible, car tout au long du roman, le personnage qui a réussi à faire en sorte que le revirement ait lieu analyse la situation de manière objective et posée.

Dinah Jefferies effleure le thème du colonialisme, du racisme. Elle se concentre davantage sur la propension qu'ont certains à colporter des ragots, et à frapper des personnes à terre. Où qu'on soit, cela se retrouvera, malheureusement, toujours...

Je ne sais pas trop quoi penser du titre... Certes, le père de Louisa est négociant en pierres précieuses, mais il n'est pas marchand de saphirs. Je me demande pourquoi le «veuve» du titre original n'a pas été utilisé, car le fameux marchand de saphirs pourrait être Elliot, qui souhaitait ouvrir une bijouterie.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Manon Jomain pour les éditions Hardigan.

Comme d'habitude, j'ai été ravie de retrouver Manon Jomain. Son jeu ne m'a pas déçue, elle n'a pas démérité.

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