La fille de l'archer

L'ouvrage:
Gunar et sa fille, Wallah, font, depuis peu, partie de la troupe de forains commandée par Bézélios. Mais Gunar, qui, grâce à sa taille et à son allure, repousse les malandrins, est malade de la poitrine. Lorsqu'il sera mort, Sa fille devra être utile à la troupe sous peine d'être chassée ou prostituée. Gunar, ancien archer, lui a pourtant enseigné son art.
C'est alors qu'une vieille femme lui propose un étrange pacte: elle sera capable de tuer d'une seule flèche quelqu'un dont elle n'aura qu'à voir le visage en pensée. Mais pour chaque vie, elle perdra une année d'existence.

Critique:
Serge Brussolo mélange souvent les genres, ce qui, en général, me ravit. Ici, il signe une énigme historique mâtinée d'un brin de fantastique, et d'une touche gothique. En effet, ce château perdu dans un village, où s'élève une musique ensorcelée en pleine nuit, cela a un aspect fantomatique, et on a l'impression qu'on va rencontrer quelqu'un d'effrayant caché dans une oubliette. Par ailleurs, l'expédition de Wallah et Ornan ressemble à un conte à la fois merveilleux et sadique.
Comme d'habitude, l'auteur sait parfaitement instiller une ambiance. Dans ce roman, il exploite les superstitions, les légendes de l'époque, ainsi que les moeurs.

L'auteur piétine souvent les codes. Ici, j'ai trouvé qu'il les suivait un peu trop. J'ai malheureusement deviné certaines choses.
Comme souvent, Brussolo ne stagne pas sur un événement: le livre débute d'une manière, et va dans une direction totalement différente de ce à quoi on pourrait s'attendre. Et même si certains rebondissements sont prévisibles, ils sont assez nombreux et différents pour ne pas tous l'être.
J'ai trouvé que le passage de toutes les suppositions concernant la bête dévoreuse était un peu lent, car ce n'était qu'une série d'hypothèses. Ce genre de choses me fait souvent l'effet de remplissage. D'autre part, cela m'a rappelé «Le château des poisons», et pour moi, c'était un peu répétitif, même si le contexte était différent. Je suis sûrement sévère: mon mari n'a trouvé aucune lenteur.
Certains rebondissements m'ont paru un peu gros, mais Brussolo les assortit d'explications précautionneuses et fournies qui font qu'on les accepte.

Wallah est le personnage auquel le lecteur s'attachera. Elle ressemble à la plupart des héros brussoliens: elle a un talent (voire un don) qui la démarque, a l'esprit critique, ne parle pas à tort et à travers, refuse l'injustice, se préoccupe du sort des plus faibles...

À la fin, il est précisé: «Fin du tome 1.» Cela signifie qu'il devrait y avoir un tome 2. Il me plairait de retrouver Wallah, d'autant que le mystère qui plane au-dessus de son père n'est pas éclairci. Il ne le sera peut-être pas, mais c'est, entre autres, une piste que l'auteur pourrait creuser. Cependant, plusieurs séries de Brussolo auraient dû être continuées et ne le furent pas, ce qui fait qu'elles n'ont pas de fin. J'espère que ce ne sera pas le cas de celle-ci.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été offert par les éditions Fleuve Noir.

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