La fenêtre panoramique

L'ouvrage:
Printemps 1955.
Frank et April Wheeler vivent en banlieue new-yorkaise. Ils tiennent à se persuader qu'ils sont supérieurs moralement à leurs voisins. Pourtant, cela ne semble pas si évident.

Critique:
Ce roman m'a davantage mise mal à l'aise que réellement plu. Cela ne veut pas dire qu'il n'est pas bon, mais plutôt que l'auteur a réussi son pari. Je pense que son but était de mettre le lecteur mal à l'aise.

En découvrant les premiers chapitres, je me suis demandé si l'un des personnages n'avait pas une maladie du genre sociopathie. À mesure que j'avançais, je me rendais compte que le problème était plutôt celui qu'on rencontre souvent: les deux personnages sont frustrés car ils mènent une vie qui ne leur convient pas, probablement avec un partenaire qui ne leur convient pas. Cela les amène à être exaspérés pour un rien. J'ai été étonnée qu'ils puissent se dire et se faire des horreurs, puis que peu de temps après, l'un d'eux ayant une idée qui lui paraît lumineuse, ils semblent tout se pardonner. Chacun m'a déconcertée. Par exemple, Frank n'aime pas son travail. Lorsqu'April a l'idée qui, pense-t-elle, sauvera leur couple, je me suis dit que Frank en serait ravi, car cela lui permettait de quitter cet emploi. Donc lorsque Bart lui fait miroiter de l'avancement, cela ne devrait pas l'intéresser. J'ai un peu le même sentiment quant au fait qu'il n'ait pas mal pris l'annonce de la première grossesse de sa femme. Tout comme elle, il trouvait qu'il était trop tôt pour qu'ils aient des enfants.

Quant à April, certaines de ses réactions sont plus cohérentes, mais c'est son attitude envers Frank qui n'est pas toujours compréhensible. Par moments, je l'ai trouvée plus lucide que son mari. D'autres fois, elle se fourvoie complètement. Ses motivations m'ont paru difficiles à cerner. Je pense que quoi qu'elle fasse, elle est sincère, mais je n'ai pas compris pourquoi elle était si tranchée à la fin. Certes, on me dira qu'elle n'avait pas d'autres solutions. Il est vrai que dans les années 50, il était moins facile de faire certaines choses que maintenant.

Je n'ai pas vraiment compris pourquoi les Givins souhaitaient que leur fils socialise avec les Wheeler. C'est expliqué, mais cela ne m'a pas convaincue.

J'imagine bien que Richard Yates a voulu brosser le portrait d'une certaine partie de la société. J'espère que ce n'est pas une société si répandue, car aucun personnage ne m'a plu. Frank et April ont un peu éveillé ma compassion, mais les Campbell et les Givins m'ont agacée du début à la fin, surtout Ellen. Eux se pensent supérieurs et ne se remettent jamais en question. On aurait pu croire que les Givins, à cause de l'épreuve que traverse leur fils, seraient plus humbles, plus ouverts, plus tolérants. Que nenni!

Un livre qui montre la dangerosité de choisir une vie et des personnes qui ne nous conviennent pas, une critique d'une certaine société.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Damien Witecka.

Je connaissais ce comédien pour ses doublages. Ici, il n'avait pas forcément la partie facile: les personnages se fâchent, pleurent... Certains parlent même de manière un peu grandiloquente. Damien Witecka relève brillamment le défi. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir. J'ai d'ailleurs repéré d'autres livres qu'il a enregistrés pour Audible.

Pour information: la structure du livre a été respectée.

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