La fenêtre jaune

L'ouvrage:
Voilà six mois que le frère et le petit ami de Cassy (Helwood dit Woody, et Nathan) ont mystérieusement disparu dans un petit village des États-Unis. On n'a retrouvé que leurs voitures broyées. Nathan était en fait parti à la recherche d'Hellwood.
Cassy décide de mener l'enquête, plus pour se prouver qu'elle est capable de faire quelque chose que pour retrouver les deux hommes. On finit par lui apprendre l'existence d'une mystérieuse fenêtre jaune qui apparaît pendant quelques secondes au détour de l'autoroute où ont disparu les deux hommes. De cette fenêtre, s'échappent parfois des individus...

Critique:
J'ai été déçue par «Ceux qui dorment en ces murs, et j'avais peur que l'auteur s'essouffle. J'ai été agréablement surprise par «la fenêtre jaune». Ce n'est pas aussi bon que «Le chien de minuit» ou «La main froide», mais c'est un bon thriller de science fiction et fantastique.

Sa première qualité est qu'il n'y a pas de longueurs. Tout s'enchaîne assez rapidement, les personnages ne passent pas des pages à se poser des questions, une situation ne s'éternise pas après qu'on a trouvé la solution, les rebondissements sont assez fréquents. Bref, le lecteur ne s'enlise pas. Comme je l'ai déjà dit, on rencontre trop souvent des romans policiers de plus de 500 pages ou les longueurs sont légion, et où on a l'impression que l'auteur fait du remplissage. Je suis donc contente que Brussolo ne tombe pas dans ce désagréable travers, même si certains de ses romans traînent un peu.

On retrouve certains thèmes chers à l'auteur. Contrairement à Jean-Christophe Grangé dans «La forêt des mânes»,, Serge Brussolo parvient à réutiliser certains thèmes maintes fois abordés dans ses autres romans en les renouvelant. Par exemple, on retrouve, comme dans «Le sourire noir», l'idée d'une chose qui semble extraordinaire, mais qui a de terribles inconvénients.
On retrouve également, comme dans «Portrait du diable en chapeau melon», «L'oeil de la pieuvre», «La maison des murmures», et d'autres, le thème de la manipulation du temps ou des effets qu'il a sur le vieillissement des gens.
D'une manière générale, le monde sur lequel ouvre la fenêtre jaune rappelle «Le sommeil du démon».

L'intrigue est bien menée. L'avantage, comme dans d'autres romans de Brussolo, c'est qu'on ne reste pas cantonné à l'énigme de la disparition de Woody et Nathan. Ce n'est que le point de départ. Chez beaucoup d'auteurs, on se serait traîné péniblement jusqu'à ce que Cassy les retrouve, or, ici, elle les retrouve assez rapidement, mais cela soulève d'autres questions.

Le personnage de Cassy est attachant. Son épaisseur vient de son passé, de ses choix, de sa façon d'être, de ses révoltes. Le lecteur comprend également l'attachement qu'elle éprouve pour sa mère, et l'obstination qu'elle met à vouloir la satisfaire. À sa place, j'aurais envoyé promener cette femme égoïste et insensible, mais les réactions de Cassy sont compréhensibles.
En outre, elle n'a pas certains défauts d'autres personnages brussoliens. Elle n'est pas molle, elle n'est pas guidée par un autre personnage. Elle est aidée, mais on n'a pas envie de la secouer.

On retrouve des références à d'autres romans de Brussolo, des petits clins d'oeil à son lectorat fidèle: le stylo Bright Flood Shadow, le prénom que Mitch décide de donner à l'enfant...

Éditeur: le Livre de Poche.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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