La femme en vert

L'ouvrage:
Lors de la fête d'anniversaire d'un garçonnet, un étudiant en médecine s'avise qu'une petite fille s'amuse avec... un os humain. Des fouilles sont organisées à l'endroit où l'enfant dit que l'os a été trouvé.

Critique:
Cette nouvelle enquête (nouvelle pour moi) d'Erlendur et son équipe m'a plu. Outre cette affaire d'ossements, le commissaire est confronté à quelque chose de terrible concernant sa fille. Cela fait que l'auteur parle à nouveau de leurs relations très compliquées. Entre les souvenirs d'Erlendur et la situation dans laquelle sa fille est plongée, le lecteur prend la mesure de l'ampleur du chaos que sont ces rapports. Eva Lind tient à son père, mais le ressentiment qu'elle éprouve à cause de l'absence de ce dernier lors de son enfance, ressentiment attisé par Halldora, fait qu'il lui arrive d'exploser de colère, et d'abreuver Erlendur de tas de reproches.

Quant à l'enquête, elle m'a rappelé celle décrite dans «Le mur des silences», la quatrième enquête de Konrad: l'écrivain est parti sur le même thème dans les deux romans. «La femme en vert» a été écrit avant «Le mur des silences», mais je ne les ai pas lus dans l'ordre de publication. Dans les deux romans, le lecteur spécule rapidement quant à l'identité du cadavre dont les ossements sont retrouvés. Dans les deux romans, l'auteur parvient à ménager le suspense jusqu'à la fin. On craint que ce soit tel personnage, on espère que ce soit tel autre; tel événement permet d'envisager ceci, mais tel autre donne à croire que c'est plutôt cela...
Dans cette affaire, il est question de violences conjugales. Sachant qu'il est très compliqué pour les victimes de cela de partir, j'ai quand même toujours espoir, lorsque je lis ce genre de situations dans les romans (je n'ai encore jamais rencontré une victime de violences conjugales dans la vraie vie) que la personne (souvent une femme) maltraitée fuira. Dans ce roman, les choses sont peut-être pires que ce que je lis souvent, car la victime a tenté la fuite... on ne peut même pas se dire que si elle fuyait, elle se sauverait.

Au long du roman, j'ai été agacée par Sigurdur Oli. Il est perturbé par un aspect de sa vie privée. Cela le préoccupe, certes. Cependant, il prend l'enquête à la légère: il n'aime pas le travail qui lui est assigné, et se permet de râler; lorsqu'Elinborg et lui interrogent un homme malade avec qui il faut faire preuve de patience, il laisse tout faire à sa collègue, ayant l'air de se penser au-dessus de cela. Soit, Sigurdur Oli a toujours été un peu imbu de lui-même, mais là, j'avais l'impression que sa suffisance s'était amplifiée.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Marc Delhausse.

Comme d'habitude, le jeu du comédien est sans failles: naturel, exempt d'excès. Entre les émotions des personnages du passé et du présent, il avait fort à faire. Par exemple, lorsqu'Eva Lind, furieuse, déverse un torrent d'accusations et d'insultes sur son père, le comédien a montré cette colère sans difficultés apparentes et sans exagération. Ce n'est qu'un exemple, son jeu est bon du début à la fin.

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