La femme à la fenêtre

L'ouvrage:
New York.
Voilà un an qu'Anna Fox n'est pas sortie de chez elle. Elle est agoraphobe et vit seule. Comme elle s'ennuie parfois, elle joue aux échecs, aide des personnes ayant le même trouble qu'elle (tout cela en ligne), regarde des films policiers en noir et blanc... Elle observe aussi ses voisins...

Critique:
Ce livre m'a beaucoup plu. J'ai d'abord aimé que l'auteur prenne le temps de présenter Anna. On la voit dans son décor, son quotidien. Connaissant son trouble et sa solitude, on se demande ce qui lui est arrivé.

Ensuite, lorsque la narratrice raconte ce qu'elle a vu, et que la police ne la croit pas, l'auteur a bien agencé les choses parce que même si un lecteur aguerri pensera savoir qui dit la vérité, le doute est permis, justement à cause de ce qu'on sait de chacun. Au sujet de ce pan de l'histoire, j'ai quand même trouvé que le passage où Anna s'inquiétait pour Jane, et où on ne lui disait rien (d'abord à l'hôpital, puis chez elle) était un peu long. Le fait qu'on attende à ce point avant d'apprendre à l'héroïne ce qu'il s'est passé fait que pour moi, cela vient trop tard. J'avais deviné qu'on lui révélerait cela. Bien sûr, ce n'est qu'un moment au milieu du récit, donc ce n'est pas très grave, et ne gâche rien.

Concernant la vie de notre héroïne, quelque chose est dévoilé par petites touches. J'avais très vite compris ce que c'était, mais je n'avais pas imaginé les circonstances. Ces circonstances étant très importantes, cela a presque eu le même effet que si je n'avais rien deviné. En effet, ces paramètres m'ont sonnée, tant ils sont accablants pour un personnage. Je ne sais pas s'il est possible de se remettre d'une chose pareille...

D'autre part, l'écrivain a sorti une carte de sa manche que je n'ai absolument pas vue venir! J'ai été ravie d'avoir été si bien dupée! Ensuite, il explique très bien comment tout est possible, et rien n'est incohérent ou bâclé.

Pour parler de passages plus légers, le clin d'oeil au genre de films (en tout cas à la période) qu'affectionne Anna est amusant, puisque la voisine s'appelle Jane Russell.

Le titre n'est pas exactement traduit. Au début, je ne comprenais pas le titre original. On ne se l'explique qu'après avoir lu le roman. Il me paraît logique que l'éditeur français ait choisi de traduire ce qui apparaît à la lecture du résumé: une femme, de sa fenêtre, observe ses voisins.

En fin d'ouvrage, il y a un entretien entre l'auteur et la lectrice. Je suis toujours friande de ces conversations. Ici, je regrette quand même qu'elle soit très courte, et manque un peu de naturel...

Éditeur français: Presses de la cité.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Ann Marie Lee pour les éditions Harper Audio.
Ann Marie Lee fait partie des lecteurs dont j'aime le jeu. J'ai donc été contente de la retrouver. Elle n'avait pas vraiment la partie facile. Par exemple, lorsqu'Anna pleure et tente d'être écoutée de ceux qui ne la croient pas, il fallait montrer son désarroi et sa rage sans trop en faire. De plus, la lectrice n'exagère pas sa voix pour les rôles masculins.

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