La faute

L'ouvrage:
Lisa Kallisto a trois enfants (James, Sally, et Sam) et travaille dans un refuge pour animaux. Son mari, Joe, est chauffeur de taxi. Elle a n'a pas trop confiance en elle, a du mal à tout mener de front, est souvent débordée.
Un jour, Lucinda, treize ans et amie de Sally, disparaît alors que sa mère (Kate) la croyait chez les Kallisto. Sally avait bien annulé en envoyant un texto à Lucinda, mais Lisa avait omis de prévenir Kate. Rongée de culpabilité, Lisa se persuade qu'elle doit retrouver l'adolescente.

Critique:
Pour moi, ce livre est réussi. Paula Daly a d'abord su utiliser intelligemment certains codes et les a quelque peu détournés. Par exemple, j'ai commencé par soupirer en lisant certains passages (ceux où on est dans les pensées du «coupable»), car je trouve que ce procédé est trop fréquemment employé, et qu'il engendre lenteurs et remplissage. Cependant, au bout d'un moment, je me suis aperçue que ces passages avaient leur utilité. Très vite, le lecteur sait qu'il ne suffira pas de chercher le coupable parmi les personnages qui lui ont été présentés. Pour moi, la romancière a joué plus finement que beaucoup de ses congénères sur ce point. Ensuite, ces passages montrent la personnalité du personnage. En outre, ils ne sont pas très longs.
D'autre part, la solution de l'énigme est bien amenée, logique, et s'écarte également des sentiers battus.

L'intrigue ne souffre pas de temps morts. Bien sûr, on ne connaît la clé de l'énigme qu'à la fin, mais Paula Daly ne se moque pas de son lecteur en posant une situation, puis en traînant péniblement jusqu'à la solution. Les situations et les événements sont pour elle l'occasion de dépeindre des personnages complexes et fouillés.
Je me suis attachée à Lisa qui ne tente pas de cacher ses failles, qui, en plus d'être submergée, se laisse vite aveugler par la colère, est parfois impulsive, mais assume ses actes et a un coeur généreux.
J'ai également apprécié son mari. Le couple connaît certains moments cruciaux lors des quelques jours racontés dans le roman. À ces moments, la romancière décrit et analyse leurs sentiments avec justesse. On les comprend, on se met à leur place...
De plus, l'auteur met en regard la façon d'être de Joe et Lisa et celle des deux autres couples du roman. Pour moi, c'est Joe qui a la meilleure vision des choses quant aux trois couples.

J'ai apprécié que Joanne, la femme policier, sorte, elle aussi de ce qui est en train de devenir un cliché. D'ailleurs, il y a un clin d'oeil à ce cliché lorsqu'elle dit en pensée qu'elle ne ressemble pas aux flics des séries télévisées. L'auteur dit «séries télévisées», mais le cliché qu'elle décrit commence, malheureusement, à se retrouver dans beaucoup de romans policiers.

Bien sûr, il y aurait d'autres personnages à évoquer, mais je risquerais de trop en dire. Il suffit de savoir que chacun est crédible, du plus fourbe au plus aimable en passant par le plus malade.

Certains passages décrivent la vie du refuge tenu par Lisa. Là encore, l'auteur montre pertinemment, à travers le vécu de l'héroïne, ses pensées, et le récit de certains événements, la réalité de la condition animale. Je sais que Paula Daly n'exagère absolument pas.

Il m'a plu que le dernier chapitre explique ce que deviennent les personnages. J'aime bien qu'un auteur prenne le temps de finir ses romans.

Un excellent thriller psychologique, explorant l'âme humaine, sans fausses notes.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été offert par les éditions le Cherche Midi.

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