La disparue de la cabine n° 10

L'ouvrage:
Laura Blacklock est journaliste dans un magazine de voyage. Elle rêve d'avancement. L'opportunité va se présenter car sa patronne, alitée, ne peut effectuer la croisière d'une semaine à propos de laquelle elle devait écrire pour le magazine.
Le voyage commence bien: l'Aurora est un yacht luxueux, les quelques passagers sont sympathiques. Cependant, la première nuit, Laura (encore marquée par des événements ayant eu lieu peu avant son départ) s'éveille, les sens en alerte. C'est alors qu'elle entend un cri et un bruit de plongeon. Cela semble provenir de la cabine voisine de la sienne. La journaliste est d'autant plus horrifiée qu'elle a rencontré l'occupante de la cabine, celle-ci lui ayant prêté son mascara. Elle donne l'alerte. C'est alors qu'on lui apprend que la cabine voisine de la sienne était sans passager.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Il ne commence pas par la croisière, mais par l'événement marquant arrivé peu auparavant. Je n'ai pas été gênée que le début soit cet événement qui n'est pas évoqué dans le résumé, parce qu'il permet au lecteur de connaître un peu Laura, sa vie, sa situation. D'une manière générale, je ne me suis pas ennuyée pendant ma lecture, malgré quelques éléments qui auraient pu engendrer des lenteurs. Je pense surtout à ce que j'appelle un défaut de structure. L'histoire est racontée par Laura. À certains moments, de petits passages sont des e-mails, des SMS, des extraits de journal ou d'un forum. Il est dommage que ces passages bousculent la chronologie, et évoquent des choses que le récit de l'héroïne n'indique que plus tard. Quant au prologue, il se déroule après que la narratrice a entendu le cri et le plongeon. Il est là pour faire saliver le lecteur, et comme d'habitude, il m'a agacée. Le livre m'ayant plu, je pardonne ce prologue à l'auteur.

Autre chose pourrait ennuyer certains lecteurs. On se rend vite compte que presque tout le monde est suspect. En général, je n'aime pas cette ficelle. Ici, cela n'a pas été le cas, parce que cela ne dure pas trop, et que je m'amusais à deviner les mobiles de chacun, et me risquais à ne pas soupçonner certains personnages.

Si beaucoup de protagonistes sont sympathiques, c'est à l'héroïne qu'on s'attache le plus. Elle nous raconte sa vie présente et passée, expose ses sentiments, exprime un mal être dont elle est consciente qu'elle ne parvient pas à se débarrasser... Et bien sûr, analyse ses réactions après qu'elle a entendu le corps être balancé par-dessus bord. On se met très facilement à sa place. Souvent, j'ai pensé que dans tel ou tel cas, j'aurais réagi comme elle.

J'ai apprécié que l'auteur ait pris le temps de faire une fin. Les événements ne s'arrêtent pas brutalement, on voit de quelle manière la croisière a marqué et fait évoluer certains personnages. Quant à l'énigme, on finit par assembler tous les éléments, et on sait ce qui est arrivé. J'aurais quand même aimé que certaines circonstances soient davantage expliquées. Bien sûr, pour cela, il aurait fallu qu'un personnage écrive à un autre, cela aurait été risqué, et j'aurais râlé que l'auteur ait créé quelqu'un assez stupide pour jouer ainsi avec le feu. ;-)

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Alice Taurand pour les éditions Lizzie.

Je ne connaissais pas cette comédienne. J'ai trouvé qu'elle entrait très facilement dans la peau de Laura, jouant ses sentiments et émotions de manière très naturelle. Quant aux autres personnages, j'ai également apprécié le jeu d'Alice Taurand, qui n'a ni cabotiné ni modifié sa voix à outrance. De plus, elle n'a pas cherché à faire un accent pour les noms propres étrangers. J'ai un peu regretté qu'elle prononce le prénom du petit ami de la narratrice à l'anglophone, mais je comprends très bien que si elle l'avait prononcé à la française, cela aurait pu paraître incongru, car à ma connaissance, ce prénom n'est pas courant en France, et il est connoté. Si elle l'avait dit à la française, j'aurais appuyé mon appréciation de sa prononciation par l'argument suivant: en anglais, l'incongruité se retrouve pour les mêmes raisons. Or, ça m'étonnerait que la lectrice anglaise l'ait prononcé autrement que dans la langue dans laquelle était écrit le récit.

Pour information, la structure du livre a été respectée à 95%: le prologue est sur la même piste que le chapitre 1, et deux chapitres sont coupés en deux.

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