La dernière chasse

L'ouvrage:
Le policier Pierre Niémans a mis du temps à se remettre des événements contés dans «Les rivières pourpres». Aujourd'hui, sa coéquipière, Ivana Bogdanovic, et lui forment une unité qui est envoyée en renfort sur des enquêtes. Celle à laquelle ils vont prêter leur concours porte sur le meurtre de Jürgen von Geyersberg, un riche héritier.

Critique:
À mon avis, ce roman ne fait pas partie des meilleurs de Jean-Christophe Grangé. En tout cas, il ne fait pas partie de mes préférés de cet auteur. Je sais que certaines choses propres à ce romancier ne me plaisent pas (meurtres sanglants, personnages qui ont forcément vécu un traumatisme et sont fatalement marginaux), donc je savais, en commençant ce livre, que je trouverais ces thèmes. Ils ne m'ont pas plu, mais en plus, je me suis fait la réflexion que j'avais oublié à quel point Niémans était abîmé. Bien sûr, il y a longtemps que j'ai lu «Les rivières pourpres» (juin 1999), mais je ne me souviens pas qu'il y était question de sa peur des chiens. Il faudrait que je le relise. Maintenant que j'y réfléchis, j'ai le vague souvenir d'une scène où le personnage principal a peur d'un chien, provoquant l'étonnement indigné du propriétaire, car ledit chien est très gentil, et en plus, n'a pas une attitude menaçante envers le personnage. Mais cette scène vient-elle de «Les rivières pourpres»? Elle m'est venue en tête parce que je fouille mon cerveau à la recherche d'un indice venant de ce roman, mais rien ne dit qu'elle en est extraite.

Pendant une grande partie du roman, l'énigme m'a paru plate. Niémans m'était moins sympathique que dans «Les rivières pourpres», Ivana m'indifférait (trop clichée pour moi), la famille du mort m'était antipathique, il me semblait que nos enquêteurs se traînaient... De plus, Niémans fait preuve de violence, ce qui, à mes yeux, n'est que du remplissage. Ça fait qu'il est rappelé à l'ordre, qu'il promet de ne pas recommencer, qu'on tergiverse un peu pour savoir ce qu'on va faire de lui... Enfin, je n'ai pas compris pourquoi Niémans n'avait pas deviné l'identité du tueur de Jürgen au moment où je l'ai trouvée. L'indice était quand même flagrant!

Les chapitres exposant les raisons de la mort de la victime étaient intéressants. Ils montrent (comme le font d'autres romans de cet auteur, mais aussi de Serge Brussolo) la folie et la perversité à grande échelle. J'imagine que malheureusement, ce genre d'horreurs est plausible...

Quant au thème de la chasse, il ne me plaît pas, mais l'écrivain a su l'exploiter au mieux pour servir son intrigue.

J'imagine qu'on retrouvera au moins Ivana dans un futur livre de Jean-Christophe Grangé, parce qu'on ne connaît pas les détails d'un élément de sa vie.

En relisant ma chronique de «Lontano» (roman de cet auteur que j'ai beaucoup aimé) je suis tombée sur une remarque que je voulais écrire concernant «La dernière chasse». Étant donné que mes exemples auraient été les mêmes que ceux utilisés pour ma chronique de «Lontano», je colle cette phrase ici. «Je trouve dommage que l'auteur use abusivement d'anglicismes. Il parle du «feeling» du personnage, celui-ci «check» sa boîte vocale, etc. Pour moi, c'est affecté.»

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Thierry Blanc.
Je dois avouer que j'aurais aimé retrouver José Heuzé, qui a enregistré «Les rivières pourpres», que je n'ai pas entendu depuis longtemps (il a enregistré quelques livres pour Audible, mais ils ne me tentent pas), et dont j'aime beaucoup le jeu. Cela ne veut pas dire que je n'ai pas apprécié l'interprétation de Thierry Blanc, comédien que j'avais découvert en lisant «La marque de Windfield». Cette prestation m'a donc plu. Il n'exagère pas lorsqu'un personnage est en colère. Même quand il modifie sa voix pour certains rôles, cela reste naturel. J'ai été déçue qu'il ne prononce pas Niémans comme l'a fait José Heuzé, principalement parce que je préfère la façon de le dire de ce dernier qui, à mon avis, est plus logique. Je ne vois pas pourquoi on aurait envie de le prononcer comme l'a fait Thierry Blanc. (Je ne sais pas comment l'écrire pour transcrire sa manière de le dire... Peut-être Niémannse. En tout cas, quand je l'écris comme ça, ma synthèse vocale le dit comme lui.) J'imagine que cela a été concerté avec l'éditeur, et justement, je trouve dommage que la personne qui s'est penchée là-dessus ait pensé judicieux de prononcer ce nom ainsi.

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