La chambre écarlate

L'ouvrage:
Kit Quinn est psychologue. Un jour, la police lui demande de l'aider à cerner, voire à faire parler un suspect: Michael Doll. Une jeune sans-abri a été assassinée, et Doll s'est trouvé sur les lieux après le crime. La police est convaincue de sa culpabilité.
Kit n'en est pas si sûre...

Critique:
Globalement, j'ai apprécié ce roman. Les auteurs ont habilement camouflé de grosses ficelles, les rendant plus faciles à accepter. Par exemple, j'étais sûre, à l'instar de Kit, que Michael Doll n'était pas le meurtrier. Les auteurs parviennent à ne pas faire trop de remplissage, et pourtant, ne nous donnent la réponse que très tard. En attendant cela, j'ai été plongée dans l'histoire, et je n'ai pas trop cherché à la décortiquer pour tout deviner.
D'autre part, un personnage est facilement soupçonnable, en tout cas, j'avais peur que ce soit le coupable. Les auteurs ont joué plus finement.

Ils ne peuvent s'empêcher d'utiliser leur ficelle récurrente: le personnage principal est plus avisé que la police. C'est Kit qui trouve presque tout ce qu'il y a à savoir. Les policiers ont l'air d'idiots confinés dans leurs certitudes et leur suffisance. Ici, c'était supportable, mais cette ficelle est lassante, car il semble que les auteurs mettent un point d'honneur à l'employer dans chacun de leurs romans... dans beaucoup, en tout cas.

D'autre part, rien n'est bâclé, tout se tient. Les auteurs n'ont pas pris prétexte d'un roman policier pour ne pas créer une intrigue et des personnages solides. L'accent est mis sur la psychologie des personnages.
Ils ne se sont pas contentés de créer une énigme dont certaines parties sont cousues de fil blanc. Kit est un personnage intéressant. Elle a de la personnalité, et surtout, elle fait ce que son métier exige: elle réfléchit, et n'applique pas d'étiquettes. J'aime beaucoup sa manière de procéder. Elle ne se contente pas d'impressions fugaces ou des dires des autres. Elle veut comprendre les personnes impliquées dans l'affaire. Elle veut cerner tout le monde, afin d'avoir une opinion la plus objective possible. Elle n'est pas en face de cas, mais de personnes. C'est ce côté empathique qui m'a le plus plu.
Quant à l'histoire d'amour, elle n'est pas trop grosse, surtout parce qu'elle est en demi-teinte.

Je n'ai pas réussi à apprécier Julie. Je ne l'ai pas trouvée si amicale que ça... Cela tient peut-être à son caractère indépendant... j'avais l'impression qu'elle se fichait de tout ce qui n'était pas elle. Et puis, j'ai décelé une incohérence la concernant: avec quel argent peut-elle se permettre de partir faire le tour du monde? J'étais peut-être moins attentive au moment où c'était expliqué... En tout cas, je ne voudrais pas d'une amie a l'air si égoïste. Qu'elle ne tienne pas en place ne me dérange pas, mais son inconséquence m'a agacée.

Éditeur: Flammarion.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Pierrette Johner pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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