La cabane des pendus

L'ouvrage:
Écosse, après-guerre.
Douglas Brodie, ancien policier devenu reporter, est appelé par son ami d'enfance, Hugh Donovan. Celui-ci est accusé du viol et du meurtre d'un enfant. Le détective va tenter de prouver son innocence.

Critique:
Certains verront peut-être, dans le résumé de ce livre, la promesse d'une enquête prévisible. Gordon Ferris parvient très bien à en faire quelque chose de bien plus intéressant. Il captive très vite son lecteur en contant tout de suite la vie et les blessures (tant morales que physiques) de Douglas et Hugh. Je me suis très vite prise de sympathie pour eux. À travers leur vécu, l'auteur rappelle les traumatismes engendrés par la guerre. N'importe qui, à la place de Hugh, serait devenu accro à la substance qui aurait pu lui faire oublier sa douleur. De plus, connaître leur passé leur donne une dimension humaine.

Au départ, je pensais avoir deviné qui était coupable du crime dont on accusait Hugh. Cependant, les choses sont plus complexes, et elles dévoilent peu à peu un mélange de secrets et de corruption, le tout baigné dans une grande violence tant physique que psychologique. Ce livre m'a touchée parce qu'il est très réaliste. Tout ce que découvre le héros est vraisemblable, quelle que soit l'époque. Cela fera forcément passer le lecteur par toute une palette de sentiments très forts.

Globalement, l'intrigue est bien menée, mais j'ai trouvé dommage que l'auteur traîne dans le dernier quart. Douglas passe beaucoup de temps à aller ici et là, et pour moi, c'est trop détaillé. Je regrette aussi qu'il y ait au moins un élément discutable. Le personnage principal menace quelqu'un afin de l'obliger à dévoiler son jeu. De ce fait, il provoque une horrible conséquence qu'il ne prévoyait pas du tout. Pour moi, il était évident que cela arriverait.
Ces petits reproches ne doivent pas vous empêcher de lire ce roman dont les qualités surpassent les défauts, à mon avis.

«La cabane des pendus» est le premier tome d'une série de quatre. Cette enquête est inextricablement liée à la vie privée du personnage principal. C'est ce qui la rend d'autant plus intéressante pour moi. Je suis donc curieuse de voir si les autres enquêtes ont un rapport si étroit avec le détective. Si c'est le cas, j'aimerais savoir comment fait l'auteur. En effet, une autre affaire de meurtre qui concernerait une autre personne de l'entourage de Douglas semblerait un peu tirée par les cheveux. Mais une énigme moins personnelle serait-elle aussi captivante? Toutes ces questions font que si les éditions Sixtrid s'attaquent à la suite, je la tenterai.

Service presse des éditions Sixtrid.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Bernard Malaka.

Je me rends compte que j'ai entendu ce comédien sur très peu de livres. J'apprécie son jeu. Dans ce roman, il a su allier sobriété et sensibilité. Cela n'a pas dû être simple. Le chemin de Douglas étant jonché de cadavres, et l'ancien policier plongeant au coeur d'une horreur grandissante, il aurait été facile de trop en faire ou d'avoir une lecture trop froide.
À plusieurs reprises, Douglas fait allusion aux accents de ses interlocuteurs. Il explique aussi que lui-même module un peu le sien selon qu'il parle à untel ou unetelle, se transformant ainsi en caméléon. Ces accents ne sont pas imitables en français. J'ai donc été ravie que le lecteur ne tente pas d'en inventer.

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