L'ivresse des libellules

L'ouvrage:
Ils sont quatre couples. Depuis plusieurs années, ils passent quelques semaines ensemble en été. Cette année-là, ils ont loué une luxueuse maison pour quinze jours.

Critique:
Je n'ai pas trop apprécié ce roman. Au départ, je pestais après les personnages (je trouvais la plupart stupides et superficiels). Mais je me suis aperçue que, même sans le vouloir, Laure Manel me faisait prendre pleinement conscience de quelque chose. Je pense qu'elle a écrit ce roman pour qu'on s'identifie aux personnages. Voilà pourquoi je ne l'ai pas apprécié: il m'est absolument impossible de m'identifier à ces gens (sauf peut-être un peu à Claire) qui vivent uniquement pour le paraître et boivent volontiers et souvent (de l'alcool, bien sûr). L'une d'eux (Émilie) est au régime. Idiote que je suis, j'ai tout de suite pensé: «Hé oui, elle ne veut pas qu'un excès de gras lui abîme la santé.» Quelle sotte idée de ma part! Si la chère Émilie tente de ne manger que du légume, c'est parce qu'elle se sent grosse, laide, et qu'elle craint que son mari (Vincent) ne la regarde plus à cause de cela. Il est évident que c'est beaucoup plus sain que d'essayer d'en discuter avec l'intéressé! ;-)
Tant que j'y étais, j'ai râlé après cette imbécile qui pensait qu'un régime consistait à se remplir uniquement de légumes. J'ai bien compris que ce roman représentait la société, mais j'espère quand même que la plupart de mes congénères ne pensent pas comme Émilie!

À un moment, les amis font une randonnée en canoë. Émilie ne veut pas y aller, principalement parce qu'elle n'aime pas le sport, et aussi parce qu'elle a peur de tomber à l'eau. Pourquoi ceux qui se disent ses amis l'ont-ils poussée (même obligée) à les accompagner? Ils mettaient en avant le fait qu'elle pourrait se féliciter d'avoir surmonté ses frayeurs, d'avoir triomphé des kilomètres, etc, mais je n'ai pas apprécié cette attitude. Pourquoi? Parce que mes amis (certes, j'en ai peu, mais ils ne sont pas à la manque comme dans ce roman) ne m'auraient pas contrainte à faire cela.

Si j'ai compati lorsqu'Émilie est forcée à faire quelque chose qui lui déplaît alors qu'elle est en vacances, elle m'a beaucoup agacée au long du livre. J'ai aussi détesté que certaines filles se liguent contre une autre en faisant preuve d'une parfaite mauvaise foi. Encore une fois, mes amis n'auraient jamais agi ainsi.

Sybil m'a beaucoup agacée: égoïste, dirigiste, incapable d'accepter qu'on n'ait pas la même opinion qu'elle... Bien sûr, l'autrice ne pouvait pas montrer des gens parfaits, mais elle a peut-être trop chargé la mule concernant ce personnage. Il faut reconnaître, à la décharge de Sybil, qu'elle ne fait pas preuve de mauvaise foi vis-à-vis du personnage contre qui d'autres se liguent.

À un moment, les filles râlent parce que les garçons leur laissent tout faire concernant les repas. Cela doit effectivement se produire dans la vie, mais j'ai trouvé cela extrêmement cliché.

Laure Manel évoque un couple qui est parvenu à se sortir d'une crise adultérine. Concernant cela, mon reproche est plutôt dans le fait que l'un a trompé l'autre pour des raisons... clichées. Il n'y a jamais (à mon avis) de bonnes raisons de tromper son conjoint, mais ici, l'autrice n'a pas pris le soin de creuser un peu, elle nous balance les faits les plus rebattus qui soient!

Pour quelqu'un qui verrait ce roman comme une étude anthropologique (mais qui ne concernerait pas l'ensemble de la société), il pourrait être intéressant. En tout cas, après avoir râlé pendant les premiers chapitres, c'est ainsi que je l'ai vu. Ma lecture a été plus sereine, et j'ai très souvent pensé: «Que je suis heureuse de ne pas être comme ces gens!»

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Audrey Botbol.

Je savais que cette comédienne faisait du doublage, mais je ne l'avais jamais entendue. Au début de ma lecture, j'ai pensé qu'elle en faisait peut-être un peu trop, mais ce n'est pas le cas: elle se met au diapason des personnages. Donc quand elle prend un air un peu mièvre pour certaines répliques ou même de la narration, elle est tout à fait dans le ton. D'ailleurs, j'ai rapidement trouvé qu'elle était bien dans l'ambiance du roman, dans la peau des personnages. J'espère que je l'entendrai sur des romans qui me sembleront plus intéressants que celui-là...

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