L'institut

L'ouvrage:
Luc Ellis a douze ans. Il vit heureux avec ses parents. Ce soir-là, la famille envisage de déménager afin que Luc puisse aller dans l'une des universités dans lesquelles il vient d'être accepté. En effet, l'enfant a de grandes capacités, et il les exploite avec beaucoup de facilité. Seulement, la vie simple de la famille va être bouleversée à jamais.

Critique:
Quand ce roman est sorti en audio, à la lecture du résumé (qui en dit davantage que le mien) il m'a semblé qu'il ne me plairait pas. Finalement, j'ai décidé de le tenter. Bien m'en a pris, car ce roman m'a plu. Certains romans de Stephen King m'ont beaucoup agacée: «ça» (le spectaculaire m'a ennuyée, et je ne l'ai pas fini), «Simetierre» (je l'ai fini, mais ai également été ennuyée par le spectaculaire)... Je préfère cet auteur lorsqu'il évoque des ressors psychologiques. Avec «L'institut», j'ai été servie. Ce qui m'a le plus touchée est que, malheureusement, ce genre de choses est possible. Bien sûr, je ne parle pas des pouvoirs de télépathie et de téléportation, mais du reste. Cela a fait naître en moi d'horribles idées se développant en d'atroces scénarios... Malheureusement (pour moi, mais heureusement pour King) je suis la cible rêvée de ce genre de romans. À partir du moment où c'est vraisemblable, où ça pourrait arriver, l'auteur peut m'effrayer.
Une autre chose est assez perturbante: ce livre pourrait encourager n'importe quel complotiste....

Le roman est assez long (19h en audio) mais je ne me suis pas du tout ennuyée. Il n'y a aucun temps mort, aucune incohérence. L'auteur est parvenu à me faire respirer au rythme des enfants, à souhaiter que certains adultes souffrent beaucoup (ils n'ont pas assez souffert), et surtout, à toujours me faire redouter que le genre d'horreurs décrites arrivent réellement.

À la fin, une personne pose un cas de conscience aux enfants. Heureusement, l'un d'eux démonte un peu l'argumentation. Cependant, le doute reste. Je ne vais pas faire un long pavé sur le fait que l'auteur a mis en scène un mal pour un bien. Je m'attarderai plutôt sur le fait qu'en disant vouloir faire le bien, certains ont été jusqu'à commettre des atrocités. Certes, c'est déjà arrivé, mais là, la cause semblait vraiment être une bonne cause. Il est effrayant de penser que des personnes (même fictives) ont été fanatisées au point de perpétrer des horreurs au nom d'un but honorable. En outre, ces personnes étaient elles-mêmes sadiques, donc comment penser que leur objectif était réellement celui qu'elles disaient? N'était-ce pas un prétexte pour torturer?

Je regrette que l'auteur n'ait pas trouvé le moyen de sauver un personnage que je ne nommerai pas. Bien sûr, il fallait bien que les choses arrivent d'une certaine manière. J'imagine que Stephen King a sacrifié ce personnage en sachant très bien qu'il tirerait des larmes à certains lecteurs... ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Benjamin Jungers pour les éditions Audiolib.

Avant, je n'étais pas ravie de voir le nom de Benjamin Jungers sur les livres audio. Depuis, j'ai lu quelques livres où son jeu est naturel, alors, j'ai moins peur d'être déçue quand je prends un livre qu'il a enregistré. Ici, son jeu est naturel, il n'a pas fait d'horribles effets de voix (il a eu raison, cela aurait été affreux) et a joué les enfants sans affectation ni trop de sobriété.

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