L'homme qui voulait vivre sa vie

L'ouvrage:
Ben Bradford a trente-huit ans. Il est avocat. Il est marié à Beth. Ils ont deux enfants, Adam et Josh.
Extérieurement, Ben est comblé. Mais il ne fait pas le métier qu'il aurait souhaité faire: photographe. En outre, les relations entre Beth et lui se dégradent. Son monde finit de s'écrouler lorsqu'il se rend compte qu'elle le trompe.

Critique:
Attention: ne lisez pas la quatrième de couverture, je trouve qu'elle en dévoile trop.

Encore une fois, Douglas Kennedy analyse avec finesse la psychologie de ses personnages. Il sait montrer les symptômes apparents d'un mal bien plus grave qui ronge au moins deux d'entre eux.
Il parvient à faire en sorte que le lecteur ressente divers sentiments pour Ben: compassion, exaspération, dégoût, envie de le secouer... Cela m'a mise mal à l'aise. J'éprouvais de la compassion pour lui malgré ce qu'il avait fait. Je souhaitais qu'il s'en sorte. L'auteur réussit très bien à faire nager son lecteur en eaux troubles quant à Ben. D'un côté, on comprend son mal être, et de l'autre, on ne peut s'empêcher de frémir quant à ce que les circonstances, et plus tard, la peur, le poussent à faire.
Les sentiments de Ben sont très bien décrits et analysés, ce qui fait justement que le lecteur se met à sa place, et le comprend si bien.

Beth, par contre, m'a agacée. Elle refuse la communication, et préfère prendre un amant médiocre qu'elle adule pour pallier ses manques. Je la trouve très bête. On peut facilement expliquer ses actes, mais elle agit de la manière la plus infantile qui soit. Et puis, au long du roman, je n'ai pas l'impression qu'elle évolue.

Les autres personnages sont globalement attachants et sympathiques au lecteur, sauf certains qu'on voit peu, comme Rudy Warren et Judy Wilmers.
Quant à Gary, je l'ai trouvé trop insipide et sans gêne pour être aimable. C'est une des faiblesses du livre. J'aurais préféré un personnage plus complexe, plus sympathique, un personnage que je n'aurais pas eu envie de détester tout de suite. C'était trop facile de mépriser et de détester Gary.

L'intrigue m'a plu. On prévoit certaines choses, mais peu. Par exemple, on devine avec qui Beth trompe Ben, et d'autres choses mineures.
Il n'y a pas de temps morts.
Quant à la fin, elle va très bien avec le reste du roman. On s'imagine la connaître, on pense qu'il n'y a que deux solutions... et pourtant, Douglas Kennedy en sort une autre de sa manche. Elle ne satisfait pas tout à fait le lecteur (du moins moi), mais finalement, elle est meilleure que la fin que j'aurais voulue, car elle est à l'image du roman et de son personnage principal.

Finalement, je pense que c'est le roman de Douglas Kennedy que je préfère. J'ai aimé «La poursuite du bonheur», mais il est trop dur, il fait trop mal. Celui-là mélange un peu mieux les sentiments, est plus nuancé, donne plus à réfléchir.
J'aimerais donner d'autres exemples, approfondir certaines choses, mais j'en dévoilerais trop.

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Pour ceux qu'une version audio intéresse, il en existe une enregistrée pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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