l'homme qui ne savait pas dire non

L'ouvrage:
Grégoire Beaujour a un problème: il a perdu le mot «non». Il ne peut plus le prononcer, ni l'écrire ou le lire. Lorsqu'il souhaite dire non, il se voit contraint d'utiliser des périphrases qui ne traduisent pas toujours exactement sa pensée, ou alors, de dire oui.
Désespérée, il va assister à un atelier d'écriture dans l'espoir de retrouver le mot perdu.

Critique:
Le blocage de notre héros engendre, bien sûr, quelques situations cocasses. Étant donné qu'il travaille dans les sondages, son impossibilité à frayer avec le «non» est assez amusante, et engendre des situations délicates. Sans parler de la fois où son patron le convoque, justement à cause de ses sondages faussés...
D'autres situations drôles sont créées lorsqu'il commence à sortir avec une jeune femme à qui il tient.
Le lecteur s'amusera également lors de la scène de signature du contrat.

L'idée de départ est intéressante. L'auteur parvient à faire sourire son lecteur tout en lui faisant ressentir le désarroi de son personnage. En outre, on ne peut s'empêcher de se demander s'il est possible de faire un tel blocage. On suivra avec intérêt les efforts du héros pour découvrir pourquoi et comment il a perdu le «non».

Cependant, le livre est inégal. À côté des côtés positifs sus-cités, il y a des passages où je me suis ennuyée. C'était surtout ceux consacrés aux broderies de l'ouvroir des mots perdus. J'ai trouvé ça trop long, trop descriptif, trop balisé.%%Ensuite, au bout d'un moment, certaines situations vécues par le personnage principal finissent par être lassantes, ce qui entraîne des longueurs.
De plus, l'espèce d'adoration éprouvée par les Vincent pour Grégoire est franchement peu crédible. Au mieux, elle fait sourire: le lecteur trouvera les Vincent ridicules; au pire, elle fait soupirer d'agacement, et fait penser que les Vincent sont pathétiques s'ils s'attachent ainsi au premier venu. Comme je suis parano, j'ai aussi imaginé qu'ils voulaient piéger notre héros, qu'ils étaient fous ou cannibales, et que c'est à leur contact, au moment où la peur atteindrait son paroxysme, que Grégoire parviendrait à dire non.

Quant à l'explication finale, elle est compréhensible, et d'ailleurs, on s'attendait à quelque chose de ce genre. Néanmoins, c'est un peu tiré par les cheveux. On a du mal à imaginer qu'un enfant si jeune ait à ce point fait un travail de sape sur lui-même, alors que personne ne le lui demandait. On a aussi du mal à concevoir que sitôt les origines du problèmes démasquées, tout va rentrer dans l'ordre...

Éditeur: Flammarion.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacques Zurlinden pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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