L'été des lucioles

Ce livre sort le 23 janvier 2014.

L'ouvrage:
Victor Beauregard (neuf ans), vit avec sa mère, sa soeur (Alicia, quatorze ans), et Pilar (la compagne de sa mère). Il aimerait bien que son père (François) revienne à la maison, mais comme François refuse de grandir, cela n'est pour l'instant pas possible.
Cet été-là, comme chaque été, Victor va le passer dans la résidence que sa tante a léguée à son père (celui-ci ne veut pas y aller), près de Nice. Il va s'y faire des amis.

Critique:
Comme d'habitude, Gilles Paris se glisse à merveille dans la peau d'un enfant, même si celui-ci semble être un peu trop mature pour son âge. Victor est attachant, il simplifie ce que les adultes compliquent, a des réflexions amusantes qui, lorsqu'on y réfléchit bien, dénotent un certain bon sens. Par exemple, lorsqu'il dit que sa soeur ne veut pas manger d'un plat quelconque parce que «ça ferait grossir son petit ventre tout maigre», ou lorsqu'il évoque les «beaux livres»: «C'est à se demander si les autres sont moches.» Le livre est jalonné de ce genre de remarques à la fois drôles et graves, en un style vivant, fluide, agréable.

Encore une fois, l'auteur montre un enfant dont la vie n'est pas forcément facile, qui refuse les non-dits et les sujets tabous, un enfant au grand coeur, qui, sans larmoiements, sans niaiserie, nous montre que si on le veut, que si on y met du sien, beaucoup de choses sont possibles.

Le ton est assez léger, malgré le fait que certains aspects du récit soient graves. En effet, Victor nous montre qu'il faut avancer, malgré les coups du sort. À l'instar du jeune narrateur, le lecteur finit par apprendre pourquoi François ne veut pas grandir. C'est tout à fait compréhensible. Cependant, l'auteur semble nous dire qu'il ne sert à rien de faire du sur place puisque les choses ne pourront pas changer. Je me suis bien sûr demandé comment j'aurais réagi à la place de François.

Les autres personnages ont tous quelque chose à dire. Chacun connaît ses peines qu'il essaie de faire passer de diverses manières. Alicia rêve du grand amour avec lequel elle tenterait sûrement de combler l'absence de son père.
C'est sûrement Claire qui m'a le moins touchée. Je l'ai d'abord appréciée parce qu'elle souffre de la même maladie que moi: la livrophilie. ;-) Cependant, elle m'a très vite agacée: on dirait qu'elle ne peut pas vivre sans compagnon. Je trouve qu'elle les remplace un peu vite... J'ai l'impression qu'elle non plus ne grandit pas vraiment, ou du moins, qu'elle n'a gardé que les mauvais côtés de l'enfance.
J'ai apprécié Gaspard (qui laisse ses frères lui faire faire tout un tas d'âneries), Justine, les jumeaux, la baronne (qui, elle, a retrouvé les bons côtés de l'enfance après avoir jeté certaines conventions oppressantes aux orties), et même Rosita (malgré certains de ses préjugés)...

Lorsque j'ai lu «Au pays des kangourous», j'ai reproché une petite chose à l'auteur. Ici, cette chose est à nouveau utilisée (mais différemment). Bizarrement, cela ne m'a pas gênée. J'ai trouvé que cela s'insérait bien dans le récit, que cela ne détonnait pas.

Mention spéciale à la journée estivale que les enfants passèrent à nager, s'amuser, pique-niquer... Cette tranche de vie m'a plu car elle est une image du bonheur.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été offert par Gilles Paris et les éditions Héloïse d'Ormesson

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