L'espace d'une vie L'ouvrage:
1904. Emma Harte a 14 ans. Elle est fille de cuisine à Ferley Hall. Elle vit dans une sordide masure, et toute sa famille travaille pour Adam Ferley. Sa mère, Elizabeth Harte, est malade. La pauvreté des Harte fait qu'elle ne peut pas être soignée convenablement.
En outre, Franck, le petit frère d'Emma, se passionne pour les études et les livres, et il a été forcé d'abandonner l'école pour travailler, et gagner de l'argent pour sa famille.

Emma déteste les riches Ferley, qui, pense-t-elle, se permettent de vivre dans l'opulence, de prendre les domestiques de haut, de les maltraiter, et qui ne se rendent même pas compte de l'indigence dans laquelle vivent certains d'entre eux. Sa haine sera redoublée à cause de ce qui se passera entre elle et Edwin Ferley, et à cause des circonstances de la mort de son père. Elle veut devenir riche, pour ne plus vivre dans la misère, et aussi pour se venger des Ferley. Un jour, c'est sûr, elle les ruinera, elle Sera plus riche qu'eux, elle leur fera payer leur arrogance. Elle travaillera d'arrache-pied pour réussir.

Critique:
Le livre s'ouvre sur un prologue qui se déroule en 1968, et qui raconte certains événements qui arrivent alors qu'Emma a 78 ans. Ensuite, il y a l'histoire, de 1904 jusqu'en 1950, puis l'épilogue qui est la suite du prologue. Je trouve cela un peu dommage, car dans le prologue, on apprend des choses qu'il aurait mieux valu découvrir au long du livre. On apprend d'abord qu'Emma a réussi à devenir très riche. On s'en doute, bien sûr, mais le savoir dès le début gâche un peu le plaisir de la découverte.
On apprend aussi qu'Emma a 5 enfants. Et si on fait attention à leurs noms de famille (et pour l'une à son prénom), au fur et à mesure qu'on découvre les personnages, on sait avec qui Emma les a eus. On apprend aussi que malheureusement, Emma ne s'entend pas bien avec ses enfants, sauf avec l'une d'eux.

La quatrième de couverture signale que "L'espace d'une vie" est un ouvrage comparable à "Les oiseaux se cachent pour mourir". Effectivement, c'est une longue saga familiale qui s'étale sur quatre générations (le McCullough s'étale sur trois générations), avec des amours impossibles. Mais on retrouve certaines ressemblances qui peuvent faire penser au lecteur que Barbara Taylor Bradford s'est un peu inspirée de certaines situations, de certaines ambiances de Colleen McCullough. C'est un peu dommage. Par exemple, Winston, le frère aîné d'Emma veut s'engager dans la marine, et entre en conflit avec son père à ce sujet; le frère de Meggie veut s'engager pendant la guerre de 14-18, il veut s'en aller de la maison, de toute façon, et entre en conflit avec son "père". Bien sûr, ce n'est pas les mêmes conflits, mais les affrontements père-fils rappellent un peu McCullough.
Le deuxième frère d'Emma s'appelle Franck, comme le frère aîné de Meggie. Le mari de Meggie s'appelle Luke O'Neill, et le meilleur ami d'Emma s'appelle Blacky O'Neill. Ca, c'est du pinaillage, je sais, mais je ne l'aurais peut-être pas remarqué si la quatrième de couverture de "L'espace d'une vie" n'évoquait pas "Les oiseaux se cachent pour mourir", sorti un an avant.
Fiona, la mère de Meggie, a passionnément aimé un homme, avant d'épouser Padraic Cleary; Elizabeth, la mère d'Emma, a eu une liaison passionnée avant d'épouser John Harte.
Padraic Cleary est un homme bon, qui attendrit et touche tout de suite le lecteur, malgré ses colères; il en va de même pour John Harte. De plus, tous les deux meurent de manière totalement injuste, et, accessoirement, tous les deux meurent par le feu. Enfin, je crois que Padraic est foudroyé lors d'un orage, mais il me semble qu'il y a une histoire d'incendie... Il va falloir que je relise le livre. ;-)

Le livre n'est pas mal, avec beaucoup de personnages qui s'entrecroisent, qui se déchirent, qui s'aiment follement... Il y a certaines situations un peu grosses qui m'ont un peu agacée. Et Emma n'est pas toujours sympathique au lecteur. On comprend sa haine et son envie de vengeance, mais son opiniâtreté, son acharnement au travail, sont parfois pénibles. D'une manière générale, c'est son caractère, son personnage qui agacent un peu. Elle a tout ce qu'elle veut, elle réussit tout... Elle est un peu hautaine, et méprise facilement les gens. Si on veut continuer la comparaison, on lui préfère Meggie, qui est plus douce, plus aimable, qui a ses faiblesses, qui semble plus humaine.
De plus, Emma met tous les patrons dans le même sac, sans penser que certains s'inquiètent pour les domestiques, et espèrent une vie meilleure pour eux.

L'histoire d'amour entre Emma et Paul me semble un peu tirée par les cheveux... Emma aime passionnément un personnage, puis un autre, puis enfin, Paul. Son coeur est bien volage. On comprend qu'elle cesse d'aimer le premier homme, mais on se demande pourquoi elle cesse d'aimer le deuxième. Il lui est inaccessible, mais en général, cela n'arrête pas le coeur. Ensuite, lorsqu'elle est avec Paul, il y a certains passages clichés, qui sont supposés être émouvants, mais que j'ai trouvés plutôt gnan gnan, comme par exemple, celui où il lui offre l'émeraude familiale.

Autre situation un peu clichée, à mon avis: Emma n'a de complicité et d'amour qu'avec l'enfant qu'elle a eu d'un homme qu'elle a réellement aimé. Elle a bien essayé d'être une mère pour les autres, mais elle a toujours préféré Daisy, et ses autres enfants ont des caractères durs et superficiels.

Le livre est bien, mais pas aussi bien que ce à quoi je m'attendais, ayant lu qu'il avait été un best-seller au même titre qu "Les oiseaux se cachent pour mourir".

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Thérèse Hayoz pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Edit: Voici la liste des livres de la série:
1: L'espace d'une vie
2: Accroche-toi à ton rêve
3: L'héritage d'Emma Harte
4: Le secret d'Emma Harte
5: Les héritières d'Emma Harte
6: La succession d'Emma Harte

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