L'enfant du lac

L'ouvrage:
Cornouailles, juin 1933. Alice Edevane, seize ans, écrit depuis ses huit ans. Comme son père, elle observe la nature. Comme sa mère, elle adore la maison et le domaine de sa famille. Cet été-là, elle souhaite écrire un roman policier. De plus, elle est amoureuse...

Londres, 2003. Sadie Sparrow est policière. À présent, elle est en vacances forcées. Elle décide d'aller passer quelques jours chez son grand-père, en Cornouailles. C'est en se promenant dans les bois qu'elle découvre une maison apparemment abandonnée. Cela l'interpelle, et elle apprend bientôt pourquoi personne n'y vit. Cela ne fait qu'attiser sa curiosité.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Comme souvent, je vous conseille de ne pas lire la quatrième de couverture qui, pour moi, en dit trop. Il me semble qu'une chose importante est dite, et qu'on n'apprend cela qu'au chapitre 4. Certes, si le résumé avait été comme le mien, il aurait sûrement été moins attirant, car la curiosité du lecteur serait moins piquée...

Kate Morton a usé d'une structure que je n'aime pas: elle alterne le passé et le présent. En plus, ici, ce n'est pas uniquement 2003 et 1933, il y a quelques chapitres qui décrivent des événements arrivés entre 1911 et 1914, un autre se passant en 1941... Malgré mon aversion pour cette façon de faire, je reconnais que dans ce roman, il n'aurait pas pu y avoir de linéarité. J'ai lu des résumés d'autres romans de cette autrice, et apparemment, elle use beaucoup de ce genre de structures.

Outre l'énigme que pose la romancière, j'ai apprécié de voir l'évolution de certains personnages. Alice m'a beaucoup agacée, mais j'ai aimé qu'elle se rende compte qu'elle n'avait pas eu le comportement adéquat, qu'elle avait été égoïste, etc. Elle ne veut pas explorer la blessure du passé, parce qu'elle sait ne pas avoir bien agi, à l'époque, et c'est au moment où elle accepte de reconnaître ses torts, qu'elle s''ouvre davantage, qu'elle admet qu'il y a eu d'autres paramètres.

Sadie évolue également. À ce sujet, j'aurais voulu une fin un peu plus détaillée, mais ce souhait est du pinaillage.

Il est un personnage que j'appellerai X pour ne pas trop en dévoiler. Au départ, je trouvais que l'évolution de X n'était pas vraisemblable. Cependant, l'autrice prend le temps de nous expliquer ce par quoi est passé ce protagoniste, et on comprend pourquoi il a agi comme il l'a fait. Je ne pense pas que j'aurais eu la force morale de X. C'est un personnage à côté duquel il est triste que d'autres soient passés. Bien sûr, c'était indispensable, et X le savait...

L'élément central du roman étant une énigme, Kate Morton nous propose plusieurs hypothèses quant à ce qui a pu arriver. Souvent, je n'aime pas trop cela, mais certains auteurs savent le faire sans utiliser de gros sabots. C'est le cas de Kate Morton. D'abord, il n'y a pas tant d'hypothèses que cela. Ensuite, elles sont toutes plausibles, du moins, celles qui sont fausses le sont jusqu'à ce que la découverte de nouveaux paramètres viennent changer la donne.
À un moment, l'esprit du lecteur et de certains personnages se perd en conjectures quant au renvoi de Rose. La romancière présente des possibilités. Il m'aurait déplu que l'une d'entre elles soit la vérité, parce que ça n'aurait cadré avec rien, mais elle aurait pu être la raison du renvoi de Rose. Une chose m'a fait rire: Kate Morton a eu beau donner toutes les hypothèses possibles, j'en ai imaginé une autre qui était extrêmement nulle (il n'y a pas d'autres mots). J'aurais maudit l'écrivain si cela avait été la solution. La véritable raison du renvoi de Rose tombe sous le sens lorsqu'on a toutes les données en main.

J'ai élucidé le plus gros de l'énigme avant que l'autrice ne le fasse. Cela m'a rappelé un autre roman (que je ne citerai pas pour ne pas trop en dévoiler), et je me suis dit qu'il avait dû se passer la même chose, que c'était logique. J'ai eu raison. Cela ne veut pas dire que Kate Morton a plagié l'autre livre, ce petit point commun a dû être utilisé par d'autres, et il n'est pas du tout dérangeant de le trouver dans plusieurs romans, surtout si cet élément est logique. Ensuite, lorsque j'ai su cela, et que l'autrice l'a confirmé, j'ai pensé que les personnages allaient sûrement découvrir une certaine chose, et je trouvais cela tellement tiré par les cheveux que j'ai espéré que cela ne se passerait pas ainsi. Ce que j'avais supposé est arrivé, mais la romancière a su l'expliquer de manière à ce que ça ne paraisse plus si gros.

Même si j'ai deviné certains faits, j'ai eu des surprises: la véritable raison du renvoi de Rose, l'évolution de X, la réaction d'Anthony lorsqu'il apprend une certaine chose... Concernant cette réaction, après l'avoir entendue, j'ai pensé que j'avais été stupide d'avoir imaginé qu'elle aurait pu être autre, connaissant le personnage.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Catherine Griffoni pour les éditions Lizzie.

Je ne connaissais pas du tout cette comédienne. En écoutant l'extrait du livre proposé sur Audible.fr, j'ai d'abord pensé que son jeu me plairait sans plus. En lisant le roman, je me suis aperçue que j'avais été sévère. Le ton de la lectrice est toujours approprié. En tant que pinailleuse, j'ai regretté qu'elle fasse une voix particulière à Clive, mais son choix se comprend. Parfois, elle adopte un certain ton pour Alice. Cela ne m'a pas plu, parce que ça montre une Alice coincée, péremptoire, etc. Pourtant, là encore, le choix de la comédienne se comprend.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: plusieurs chapitres sont coupés en deux, voire trois pistes.

Acheter « L'enfant du lac » sur Amazon
Acheter « L'enfant du lac » en audio sur Amazon ou en téléchargement audio (Audible.fr)