L'Echo des morts

L'ouvrage:
Joakim et Katrine Westin ont deux enfants. Ils sont venus s'installer sur l'île d'öland, dans la maison rattachée au phare d'Aludden. La mère de Katrine a vécu dans cette maison, sa grand-mère y a peint une cinquantaine de toiles.
Leur emménagement est presque terminé lorsqu'une tragédie survient: l'un des membres de la famille trouve la mort par noyade.

Critique:
J'avais un peu peur d'être déçue, d'abord parce que j'avais lu de nombreux éloges quant à ce livre, ensuite parce qu'au vu du résumé (la quatrième de couverture en dit plus que moi), j'avais peur que le roman tombe dans du fantastique délirant, que cela fasse plus bâclé que travaillé, et que cela se double de scènes sanglantes... Toutes mes craintes ont été dissipées.
En outre, me voilà rassurée sur un autre point: des auteurs savent encore me surprendre. J'étais un peu déçue d'avoir deviné tant de choses dans «Le tailleur de pierres» et également dans «La chambre des morts», de Franck Thilliez (dont la critique paraîtra en septembre). L'intrigue est racontée de telle manière qu'on ne devine pas où l'auteur veut en venir. Par ailleurs, il ne passe pas son temps à essayer de nous cacher quelque chose, à parsemer son livre de faux indices que nous devons éviter. Il y a, bien sûr, certaines choses qu'il nous révèle, mais il les amène de telle manière qu'on ne savait pas qu'il fallait les chercher.
Il y a une chose que j'aurais dû deviner parce qu'elle était évidente. Et ensuite, j'aurais dû comprendre la raison d'un événement qui paraissait sibyllin. Étant données mes non trouvailles, je pense que l'auteur a fait fort en étant subtile, et en ne cherchant pas à en faire trop.

Je n'ai pas trouvé de réelles longueurs. Il y a peut-être des passages qui traînent un peu, mais globalement, cela ne m'a pas paru être du remplissage. De ce fait, l'intrigue est bien menée, et le lecteur n'a pas le temps de s'ennuyer.
L'atmosphère est envoûtante: la mer, une tempête de neige, ces croyances qui planent autour du phare... Quant au soupçon de fantastique, il n'est pas inopiné. Il va bien aux événements et à l'ambiance. Et puis, ce parfum de fantastique peut s'expliquer de différentes façons, c'est au lecteur de trancher. Bien sûr, certaines choses ne peuvent s'expliquer que d'une certaine manière, mais si on fait travailler son imagination, on peut trouver de petites variantes.
Il y a juste une chose que j'ai trouvée un peu grosse. Là, l'auteur a peut-être voulu trop en faire, car l'explication que trouve Joakim (et qui doit être la bonne), ne me satisfait pas.
(Passez au paragraphe suivant si vous n'avez pas lu le livre.)
Pourquoi Michael aurait-il fait la bêtise de laisser une trace écrite de sa haine envers Éthel? Apparemment, il aurait donné son morceau de papier, d'une manière ou d'une autre, à Katrine qui l'aurait gardé, puis, par la suite, «rangé» dans la veste d'Éthel. Ce n'est pas très crédible. Je le dis ici parce que j'aimerais savoir ce qu'en pensent ceux qui l'ont lu.

Les personnages sont sympathiques (sauf les très méchants, bien sûr). La plupart sont complexes: Enrike, Tilda, Joakim... Enrike est intéressant, car il est tiraillé. Finalement, je le trouve sympathique. C'est un faible qui n'a pas la force de résister au gain facile, et il récolte ce qu'il a semé, mais il a une conscience.
Je n'aime pas Martin. C'est l'égoïsme et la lâcheté faits homme.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par François Tavarès.
Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib. Il sort en audio le 21 avril.

Le lecteur a une voix agréable, il met le ton approprié. Au début, son ton est quand même un peu affecté, surtout dans les passages narratifs, mais au fil de la lecture, il semble de plus en plus à l'aise.

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