L'assassin royal, tome 3: La nef du crépuscule

L'ouvrage:
Le royaume des Six-Duchés combat les pirates rouges. Fitz y prend part de plusieurs manières. Mais les ressources s'épuisent. Le royaume aurait besoin d'aide. C'est alors que quelqu'un a une idée.

Critique:
Ce tome (qui est en réalité la deuxième moitié du tome 2) m'a autant passionnée que les précédents. L'histoire ne s'essouffle pas. Elle prend un tournant parmi tous ceux possibles (comme dirait le fou). L'étau se resserre sur Fitz et ceux pour qui il lutte. Il lui est de plus en plus difficile de tout concilier, et certains dangers se précisent. Lentement, inexorablement, le royaume est miné, rongé par celui qui ne rêve que de puissance, et qui ne cherche pas à remettre ce qu'il croit en question. Très vite, voilà le lecteur plongé dans des intrigues de cour, habilement tissées. Là où certains auteurs s'enliseraient à décrire toujours la même chose, Robin Hobb construit sa trame, donnant de l'importance à chaque élément, poussant le raisonnement, montrant les tenants et aboutissants de chaque acte. À ce sujet, je soupçonnais un personnage depuis le début, et j'avais raison. Je me suis demandé pourquoi personne n'y pensait. Fitz l'explique, et c'est crédible, mais je n'ai pas compris qu'on ne se méfie pas au moins un peu de ce personnage.

Dans ce tome, l'auteur exploite davantage les facettes de l'art. Je n'avais pas réfléchi aux multiples possibilités développées ici. Encore une fois, Robin Hobb ne se contente pas de dire que ses personnages ont tel pouvoir: elle évoque toutes les manières d'utiliser ce pouvoir.

Malgré la dureté de beaucoup d'événements, il y a encore des notes d'humour. Par exemple, lorsque Justin attaque Fitz par la pensée, et que Sereine redresse Justin que la riposte fait chanceler, le fou insinue que Sereine et Justin pensent à la gaudriole.
Par la force des choses, le fou est beaucoup moins cocasse, même s'il ne perd rien de sa causticité.

Tout comme dans le tome 2, Patience réserve une surprise que je n'ai absolument pas vue venir! Autant la première était imaginable, autant celle-ci ne l'est pas, à mon avis. Étant donné ce qui arrive à la fin, on ne peut pas savoir si l'auteur exploitera cela par la suite.
Les personnages que j'appréciais (notamment Kettricken et Vérité) ont évolué comme on pouvait s'y attendre. Ils ne sont pas incohérents.

La fin me laisse perplexe. Elle est aussi un tournant, mais j'ai du mal à voir ce qu'il va advenir de certains personnages, et comment l'auteur le montrera. C'est encore une force de Robin Hobb: on ne peut pas prévoir quelle sera la suite.

Comme dans les autres tomes, beaucoup de débuts de chapitres sont de courts extraits d'écrits d'autres personnages, de légendes sur des thèmes qui vont être abordés ou viennent de l'être, des histoires concernant certains personnages... Cette façon de procéder contribue à rendre le récit vraisemblable. Le royaume a un passé, ses personnages aussi, son peuple croit en des légendes...

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sylvain Agaësse.

Comme je l'ai dit, même si le fou saisit toutes les occasions d'être drôle, les événements font qu'il l'est peu. Pour ce rôle, le comédien a dû composer avec la voix à laquelle il a habitué le lecteur et la gravité de la situation.

Pour information, la structure du livre n'a pas pu être respectée. Seuls les chapitres 1 et 13 commencent une piste, et aucune piste n'est égale à un chapitre.

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