L'assassin royal, tome 1: L'apprenti assassin

L'ouvrage:
À six ans, l'enfant (que son entourage finira par appeler Fitz) est déposé au royaume des Six-Duchés par son grand-père. Celui-ci explique que l'enfant est le fils du prince Chevalerie, et que c'est maintenant à lui de l'élever. Chevalerie n'étant pas présent, le garçonnet est confié à Burrich, le maître des écuries.

Critique:
Voilà longtemps que je souhaite lire cette série. Je me rappelle avoir parcouru, au comble de la frustration, le forum du site «Les rivages maudits» (consacré aux romans de Robin Hobb) et même d'y avoir posté. La série n'existant pas en audio à l'époque (en 2007), j'ai attendu. Il y a un peu moins d'un an, les éditions Audible Studios ont commencé à sortir cette série. Je ne me suis pas précipitée dessus, d'abord parce que j'attendais que davantage de tomes soient sortis pour ne pas devoir attendre entre chaque tome, ensuite parce que je voulais savoir si la série «Les aventuriers de la mer» (qu'il faut lire après le premier cycle) sortirait, et enfin parce que je ressentais la peur qu'on a quand quelque chose qu'on souhaite depuis longtemps arrive. Je me demandais si cela serait à la hauteur de mon attente. Je n'ai pas du tout été déçue.

Comme je pense l'avoir dit dans mes chroniques du cycle de Ki et Vandien, Robin Hobb s'y entend pour créer des peuples avec leurs coutumes, leurs croyances, leurs dieux... Dans le royaume des Six-Duchés, par exemple, on se coupe les cheveux si on porte le deuil. Selon le lien qu'on avait avec le défunt, on les coupe d'une certaine longueur. Ce n'est qu'un petit exemple pour montrer à quel point l'auteur a soigné son travail. Lorsqu'on ouvre le livre, on se retrouve très vite plongé dans le royaume.

Les personnages développent rapidement des liens dont certains sont compliqués. Par exemple, Fitz et Burrich s'attachent très vite l'un à l'autre, mais aucun des deux ne peut oublier cette part de Fitz qui, pour Burrich, est obscure. Cela complique leurs relations, car Burrich ne peut transiger, et Fitz ne peut abandonner... Cela engendre des sentiments partagés chez le lecteur. Si je suis plutôt d'accord avec l'un d'eux, je comprends l'autre.

Royal, demi-frère de Chevalerie et de Vérité, est très vite perçu comme «le méchant». Certes, mais tout n'est pas si simple. La romancière laisse entrevoir des choses qu'elle creusera peut-être dans les tomes suivants. À ce stade du roman, je n'aime pas Royal, mais les quelques explications qui sont données le concernant montrent qu'il peut réserver des surprises.

Un autre personnage a beaucoup de présence, bien qu'on le voie peu. C'est le fou. (Si je me souviens bien de ce que j'avais lu sur le forum consacré aux séries de Robin Hobb, il va prendre de l'importance dans les tomes suivants.) Étant le bouffon du roi, il fait rire. Sa manière énigmatique de s'exprimer est drôle, mais très vite, le lecteur est amené à réfléchir à ses propos.
Je ne parlerai pas de chaque personnage, mais ils sont tous aboutis.

Le roman ne souffre d'aucune longueur. À l'instar de Fitz, le lecteur est précipité dans les événements qui s'enchaînent avec fluidité. Aventures, magie, complots, voyages, amitié... voilà ce qui est développé. Robin Hobb n'oublie pas l'humour. Comment ne pas parler de l'inénarrable dame Thym!!! C'est un spectacle à elle seule! Bien sûr, on préfère être du côté du lecteur que de celui de Fitz lorsque cette aimable personne est dans les parages... ;-)

Certains membres de la famille royale savent «artiser». Ils ont développé leur «art». Cela revient à communiquer par l'esprit, et parfois, à plier l'autre à sa volonté. Ce thème n'est bien sûr pas créé par Robin Hobb, mais je trouve qu'elle l'aborde bien mieux que certains auteurs qui s'y essayèrent après elle.

Si tout est fluide, si rien ne traîne, c'est parce que l'écriture de l'auteur est ainsi: précise, claire, riche... Je voudrais également saluer le travail extrêmement soigné d'Arnaud Mousnier-Lompré, le traducteur (qui postait également sur le forum dédié aux séries de Robin Hobb). Il a une très bonne syntaxe: il emploie à bon escient des tournures que beaucoup emploient mal, il emploie l'imparfait du subjonctif (ce qui, à mon avis, est préférable dans ce genre de romans)... Je n'ai pas pu comparer sa traduction avec la version originale, mais je sens que son travail est à la hauteur de celui de Robin Hobb.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sylvain Agaësse.

Je n'avais encore jamais rien lu enregistré par ce comédien. J'ai beaucoup apprécié son interprétation vivante, sensible, nuancée... Il modifie sa voix pour certains personnages, mais il n'en fait jamais trop.
Il n'a pas dû être simple d'interpréter le fou. Je comprends qu'il ait changé sa voix pour ce personnage, car c'est ainsi qu'on se l'imagine.
Il était évident que le comédien devait prendre une voix revêche et glapissante pour notre chère dame Thym! Là encore, bravo à lui qui n'est pas tombé dans le surjeu.
Pour Burrich, je ne sais pas si la modification était nécessaire. Elle ne m'a, cependant, pas du tout gênée. En outre, elle n'arrive pas tout de suite, et elle peut s'expliquer par les épreuves vécues par le maître des écuries. En effet, à la fin, Burrich a une voix plus grave, plus posée, empreinte d'une certaine douleur, et cela va avec ce qu'il a traversé.

Pour information, la structure du livre n'a pas pu être respectée. Pendant la moitié du roman, un chapitre commence en début de piste, et se poursuit sur la suivante. Le chapitre suivant commence sur cette piste et se poursuit sur la suivante. Les chapitres 1, puis 4 à 14 sont chacun sur une seule piste.

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