L'ascendant

L'ouvrage:
Le narrateur, vendeur de téléphones portables, semble avoir une vie sans histoires. Il a des aventures avec des femmes mariées, ce qui lui permet de ne pas se fixer.
Un jour, il doit se rendre chez son père (celui-ci étant décédé), afin de mettre ses affaires en ordre...

Critique:
Voilà un livre sombre, oppressant, dont le personnage principal n'est pas sympathique. Chez son père, il fait une découverte extrêmement déstabilisante qui le met en face de lui-même, qui le force (en quelque sorte) à se reconnaître, à se révéler. Sa réaction l'oblige à voir ce qu'il est vraiment. Il est assez lucide pour le percevoir, mais bien sûr, se cherche des excuses. C'est humain. Qui ne le ferait pas, à sa place? C'est en cela qu'il est effrayant. Il agit mal, mais n'est pas assez «malade» pour penser que ce n'est pas grave. Il sait que cela l'est, et cherche à se dédouaner.
Pendant cinq jours, il raconte son présent, revoit des pans de son passé, émet des hypothèses quant à ses réactions. À le lire, on le sent englué en lui-même.

En peu de pages, l'auteur parvient très bien à dépeindre cet individu inquiétant. Son prénom ne nous est jamais donné, ce qui renforce l'opacité autour de lui, de sa personnalité. C'est d'autant plus dérangeant que pendant de nombreuses années, il a vécu parmi ses semblables, n'éveillant les soupçons de personne. Malheureusement, c'est souvent le cas lorsqu'on a affaire à des gens dangereux. C'est en cela qu'Alexandre Postel frappe, avec justesse, là où ça fait mal. Son personnage trouble est criant de réalisme.

À un moment, j'ai trouvé que le roman traînait un peu, mais en fait, cela n'est qu'une autre manière d'immerger le lecteur dans cette ambiance noire, aux côtés de ce narrateur sordide. Ce que j'ai trouvé lent n'était qu'une façon de renforcer le malaise causé par le récit et le protagoniste principal.

Éditeur: Gallimard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour l'association Valentin Haüy.

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