L'archipel des larmes

L'ouvrage:
Stockholm, février 1944. Elsey est auxiliaire de police. Un soir, ses collègues et elle sont appelés à se rendre dans un appartement où une dispute a été signalée. Ils trouvent le cadavre d'une femme clouée au sol. Le meurtrier est surnommé l'assassin des bas-fonds. En 1974, le même modus operendi est utilisé. Est-ce le même tueur ou bien un imitateur?

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. J'ai apprécié que Camilla Grebe évoque le contexte historique, car outre qu'il s'insérait dans son intrigue, cela m'a appris des choses. J'ignorais qu'en Suède, les femmes avaient pu entrer dans la police à la même place que les hommes dans les années 60-70. La réaction de certains hommes (comme le supérieur de Britt-Marie) est prévisible, mais rappeler ce contexte fait que le lecteur peut se rendre compte du chemin parcouru, même si le sexisme existe toujours, malheureusement.

En peu de pages, l'auteur parvient à rendre Elsey très attachante. Quant à Britt-Marie, je l'ai également très vite appréciée et comprise.
Il est un peu dommage pour moi de découvrir Malin et Hanne dans ce roman. Je sais qu'il aurait fallu que je lise la série dans l'ordre, mais je l'ai lu dans l'ordre dans lequel Audiolib l'a publiée. J'ai donc commencé par «L'ombre de la baleine» et n'ai pas encore lu «Un cri sous la glace» et «Le journal de ma disparition». Dans les romans que j'ai lus, on apprend, sur Hanne et Malin, des choses qu'il vaut mieux découvrir en lisant les deux premiers. Tant pis pour moi, mais au moins, je préviens les lecteurs qui ne sauraient pas que c'est une série, et qu'il vaut mieux la lire dans l'ordre.

L'intrigue est très bien agencée. Bien sûr, j'ai râlé très fort lorsque le narrateur nous explique (à la fin de la partie concernant Britt-Marie) qu'il ne peut pas nous en dire davantage sur elle pour le moment, mais je me doutais bien qu'il y avait une raison à cela. Il y en avait bien une, et elle était tout à fait valable. Il était impossible que le narrateur nous en dise davantage à ce moment-là, cela aurait tout gâché.
Je n'ai trouvé aucun temps mort, les personnages sont travaillés et bien analysés, et les rebondissements arrivent à propos.

Quant au coupable... J'ai soupçonné tout le monde (ce que souhaitait l'auteur) tout en espérant qu'un personnage n'était pas le meurtrier. Je trouvais des raisons à sa non culpabilité, et je m'aperçois que ce n'était pas seulement parce que je l'aimais bien. Si ce personnage avait été coupable, cela n'aurait pas cadré avec ce qu'on voit de lui. L'autrice a, encore une fois, très bien joué, car rien n'est incohérent.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Audrey Sourdive.

Comme d'habitude (même si je n'ai pas lu tous les livres qu'elle a enregistrés) Audrey Sourdive a été parfaite. Elle parvient, sans efforts apparents, à prendre la voix et l'intonation qu'il faut pour les rôles masculins. Elle joue le dépit, la colère, et bien d'autres émotions. Et tout ça sans affectation! En outre, elle prononce correctement les mots «moeurs» et «dégingandé», ce qui lui fait des points en plus dans mon esprit maniaque. ;-) :-)

Pour la petite anecdote, lorsque j'ai entendu mon premier livre enregistré par elle, je me suis fait la réflexion qu'elle avait le même type de voix que Martine Irzenski (que je connais surtout pour avoir doublé Meg Ryan entre autres dans «Quand Harry rencontre Sally», et qui, à ma connaissance, n'a pas enregistré de livres). Et pendant toute ma lecture de ce premier livre, je pensais beaucoup à la voix de Martine Irzenski. Je me rends compte qu'en lisant «L'archipel des larmes», je n'ai pas une seule fois évoqué cette voix. Je commence donc à bien distinguer les deux.

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