L'âme du chasseur

L'ouvrage:
Après l'épisode mouvementé au cours duquel il a rencontré Zet Van Heerden, Thobela (dit P'tit) Mpayipheli a décidé d'abandonner la vie périlleuse qu'il menait. Deux ans ont passé depuis. Il est homme à tout faire dans un garage, et en ménage avec Myriam. Il aime tendrement Pakamile, six ans, le fils de sa compagne.
Or, voilà que son passé resurgit. La fille d'un de ses vieux camarades vient lui demander de l'aide. Thobela pense avoir une dette envers son ancien ami. Voilà pourquoi il se lance dans une mission extrêmement dangereuse.

Critique:
J'ai pris ce roman avec un peu d'appréhension, car (certains s'en souviennent peut-être) je l'ai déjà lu (en 2007) et il m'a traumatisée. Lors de ma lecture de 2019, je recomposais l'histoire, et à un moment, je me suis souvenue de ce qui m'avait marquée. C'est une chose absolument injuste, qui a au moins l'avantage de pousser un personnage à se remettre totalement en question... Bien sûr, ce qui est choquant, c'est que cette chose, en plus d'être terrible, a de graves conséquences, et qu'elle ne serait pas arrivée si Thobela était resté chez lui. D'ailleurs, au long de ma lecture, je pensais: «Il n'aurait pas dû y aller! Tant pis pour sa vieille amitié!» Au début, je me répondais à moi-même: «Oui, mais dans ce cas, il n'y aurait pas d'histoire.» Lassée par cette réponse, je me suis mise à imaginer une intrigue dans laquelle Thobela aurait dit non, et où la fille de son ancien ami aurait dû agir seule. Il l'aurait aidée de loin. Je ne sais pas encore comment il l'aurait aidée, mais le fait que cela aurait pu se passer ainsi n'a fait que me faire davantage râler parce que Thobela n'est pas resté chez lui.

Dans ce roman, le lecteur côtoie quelque peu van Heerden. (D'où, encore une fois, l'intérêt de lire les romans de Deon Meyer par date de publication.) Il m'a plu de retrouver ce protagoniste, mais je n'ai pas aimé qu'il fricote avec l'un des personnages. D'abord, je n'aime pas trop le personnage en question (je pense que mon aversion tient beaucoup à ce que sa profession lui fait faire), et ensuite, je croyais que van Heerden était déjà avec quelqu'un. Certes, c'est seulement sous-entendu, et après coup, on peut imaginer que justement, ce n'est pas explicite parce qu'ils ne sont pas ensemble.

J'ai été agacée par Janina Mentz. Il m'a semblé qu'elle ne se remettait pas en question. À l'inverse de Vincent, elle n'essaie pas de comprendre qui est Thobela, pourquoi il fait ce qu'il fait, etc. Certes, elle n'est pas aussi horrible que Tiger, mais elle n'en est pas loin dans un autre genre. Je sais qu'on la revoit au moins dans «À la trace». Dommage. Remarque, elle sera peut-être plus sympathique.

J'ai bien aimé la toute fin. Je la prévoyais depuis un petit moment. J'espère que c'est un bon signe.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Éric Herson-Macarel pour les éditions Sixtrid.
J'ai été ravie de retrouver ce comédien dont le grand talent n'est plus à prouver. Comme d'habitude, son intonation est toujours adéquate, et il joue sans jamais être affecté.

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