L'affaire Lexie

L'ouvrage:
Un soir, Sarah Mason se rend au petit magasin du coin pour acheter de la nourriture pour chien. C'est alors que le magasin est attaqué par deux individus armés. Une femme est tuée, et Sarah arrive à s'enfuir, sauvant une enfant d'environ neuf ans qui se trouvait là. C'est juste en dehors du magasin que Sarah se fait tirer dessus.

Plus tard, lorsqu'elle raconte sa version des faits à Jake, son meilleur ami, qui est également détective privé, celui-ci est perplexe, car on n'a trouvé aucune trace de l'enfant. Sarah semble être la seule à l'avoir vue. Jake ne peut s'empêcher de penser que son amie affabule, qu'elle a cru voir une enfant, d'autant plus que sept ans plus tôt, Lexie, la fille de Sarah, a disparu, alors qu'elle avait cinq ans, et qu'on ne l'a pas retrouvée.

La nuit suivante, Sarah reçoit un appel à son domicile: Lexie, affolée, lui dit qu'elle veut rentrer à la maison. C'est la voix de Lexie telle que la connaissait la jeune femme avant qu'elle disparaisse! Sauf qu'aujourd'hui, Lexie devrait avoir douze ans, et sa voix aurait forcément changé.

Critique:
Le résumé donne à penser à un bon thriller au suspense haletant, et aux multiples rebondissements. En fait, c'est un polar gentillet.

D'abord, on devine beaucoup de choses. Un lecteur aguerri saura tout de suite comment il est possible que la Lexie de cinq ans téléphone à sa mère. Je me suis d'ailleurs dit que Jake était légèrement stupide de ne pas y avoir pensé.On devine également pourquoi Lexie a été enlevée.
Au début, on devine également pourquoi on ne retrouve pas la fillette que Sarah a sauvée. Heureusement, Karen Robards ne se sert pas longtemps de cette ficelle.
Il y a certains éléments que je n'ai pas trouvés, mais ce sont des éléments secondaires. Le suspense est un peu relancé grâce à ces éléments, mais ils ne parviennent pas à faire de ce livre une réussite.

Quelques rebondissements relancent l'attention du lecteur pendant quelque temps... Par exemple, le mot codé écrit sur la voiture de Sarah. (D'ailleurs, ici, Karen Robards a inventé un rebondissement dont elle n'a pu donner l'explication par la suite. On ne sait pas comment les ravisseurs de Lexie ont pu apprendre cela. On se doute que l'enfant esseulée et désespérée a pu craquer, mais justement, ça, elle l'aurait gardé pour elle... L'explication de cela n'est pas donnée, ou alors, je l'ai manquée.)
La découverte de certains faits par l'intermédiaire d'un personnage auquel on ne pensait absolument pas est une bonne trouvaille quoiqu'un peu facile.La résolution de l'énigme est également une bonne trouvaille, car le lecteur ne soupçonne pas quelque chose de ce genre.

Le livre souffre de beaucoup de longueurs. L'une d'elles s'explique: les hésitations de Sarah quant à son histoire d'amour. On comprend qu'elle se sente coupable de ressentir des émotions positives alors qu'elle ne sait pas où est sa fille, et ce qui lui est arrivé. Elle l'explique d'ailleurs très bien. Mais le reste est assez poussif.

Attention, si vous n'avez pas lu le livre, reprenez au paragraphe suivant, car je vais dévoiler une partie de la fin.
Karen Robards se montre assez légère et désinvolte avec un aspect du problème. A la fin, Sarah a peur de revoir Lexie alors que sept ans ont passé, elle se demande si elle va la reconnaître, etc. C'est normal. Seulement, elle n'évoque à aucun moment le traumatisme qu'a subi l'enfant. Ce qu'a vécu Lexie est tout de même assez affreux pour que sa mère, qui prétend l'aimer, se demande comment elle va faire pour le lui faire oublier, pour qu'elle envisage d'en parler avec elle, de lui faire rencontrer un psychologue, etc. Non seulement, Lexie était très jeune lorsque cela a commencé, mais en plus, la durée des sévices a été extrêmement longue: plus longue que la période faste de la vie de l'enfant. Les retrouvailles de la mère et de la fille sont un peu bâclées. On dirait que l'auteur les a ajoutées avec indifférence et à la va-vite.

Note 1: J'ai lu ce livre en anglais, et je trouve que le titre français est trop froid. Il me semble qu'une traduction exacte du titre original («Vanished» par «Disparue») aurait été plus appropriée, et aurait été une meilleure accroche.

Note 2: Une question me torture: comment le traducteur français a-t-il traduit le prénom du chien? Douceur? C'est la seule traduction à laquelle j'aboutis après avoir trituré mon cerveau.

Éditeur français: J'ai Lu.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Joyce Bean pour les éditions Brilliance audio.
La lectrice met le ton approprié, et ne parle pas trop vite, ce qui est une très bonne chose pour moi, car je reprends à peine la lecture en anglais. Cependant, je trouve qu'elle n'aurait pas dû prendre une voix si horrible pour faire les hommes. Pourquoi certaines lectrices mettent-elles un point d'honneur à prendre des voix détestables pour jouer (ce qui fait que ça devient du «surjeu», car ce n'est absolument pas naturel) les rôles masculins?!!!

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