L'adieu au Connemara L'ouvrage:
1846-1847. La famine ravage l'Irlande. Le pays est sous le joug des anglais. Les riches propriétaires laissent mourir les métayers de faim.

Josephine Maloney a dix-huit ans. Elle est la seule survivante de sa famille. Elle n'a plus rien, donc plus rien à perdre, sauf sa vie. Elle se rend dans un hospice où les religieuses essaient tant bien que mal de maintenir des moribonds en vie. Elle aide du mieux qu'elle peut.

Un jour, arrive William Benson, fils d'un riche propriétaire anglais. Il prend toute la mesure de la misère des irlandais et cela le révolte. Il veut faire bouger les choses. Pour cela, il compte suivre des émigrants en Amérique, et faire le récit de son voyage sur un carnet de bord. Il a également l'intention de dépeindre l'indigence des irlandais, asservis et maltraités. Josephine l'accompagne.

Critique:
Dans la postface, Hervé Jaouen explique qu'il a écrit cette histoire pour plusieurs raisons. D'abord, il voulait parler de la grande famine qui dévasta l'Irlande. Ce fléau est mal connu des français. Pour ma part, j'en avais entendu parler, mais je n'avais jamais rien lu à ce sujet.
D'autre part, l'auteur se passionne pour l'Irlande.
Enfin, l'arrière-grand-mère de son épouse était orpheline, et les recherches généalogiques lui ont fourni peu de renseignements à son sujet. Il a donc décidé d'imaginer les circonstances de sa naissance.

Ce livre est à lire. Il décrit la misère des irlandais, la brutalité des colons. Hervé Jaouen apporte bien sûr des nuances. Tous les anglais ne sont pas des assoiffés de pouvoir, traitant les irlandais comme du bétail.

D'autre part, le roman contient une belle histoire d'amour. On s'en doute assez vite, mais on l'attend aussi. Elle n'arrive pas inopinément. Le lecteur la voit grandir et s'épanouir au gré des pages.

Attention: la fin n'est pas des plus heureuses. Personnellement, j'en ai été très surprise, car, allez savoir pourquoi, je m'attendais à une fin où tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. La fin imaginée par Hervé Jaouen est un peu plus réaliste que la mienne. J'aurais tout de même préféré qu'il la fît moins dramatique. Mais il devait faire ce genre de fin...

Mise à part cette fin, quelques passages un peu longs, et certains traits du caractère de William qui m'ont mise un peu mal à l'aise, je vous recommande ce livre. Avec le recul, je dirais même que ce qui m'a gênée au premier abord est un plus, car cela rend le livre plus vraisemblable. William est un peu emporté, par exemple. Eh bien, oui: ce n'est pas le héros parfaits des romans aseptisés d'auteurs comme Barbara Taylor Bradford, par exemple.
J'espère donc que vous passerez un bon moment avec ce roman, et qu'il vous en apprendra plus sur la période de la famine en Irlande, comme l'a souhaité l'auteur.

Éditeur: Presses de la cité.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Françoise Dufour pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Acheter « L'adieu au Connemara » sur Amazon