L'accident

L'ouvrage:
Les rapports compliqués de Christine avec son mari, ses enfants, sa mère, son frère...

Critique:
En général, j'aime les romans où la psychologie des personnages est analysée. Ici, j'ai d'abord cru que c'était le cas en constatant que Marion (la fille de Christine) souffrait à cause de sa mère qui semblait la rejeter. Cependant, plus je lisais moins je comprenais Christine. C'est peut-être moi qui suis passée complètement à côté... ou bien Marianne Brun a voulu montrer une jeune femme avec qui la vie n'avait pas été particulièrement méchante, mais qui se conduit de manière déstabilisante. Bien sûr, Christine, elle, dit que la vie ne l'a pas gâtée. Si on comprend que sa mésentente avec sa mère l'ait blessée, cela ne lui donnait pas d'excuses pour agir comme elle le fait plus tard.

Il semble que la jeune femme s'applique à détruire et à souiller tout ce qu'elle touche. Pour donner quelques exemples, elle se targue de remettre vertement à leur place ceux à qui elle a quelque chose à reprocher. Ses colères sont toujours spectaculaires, et elle ne se remet jamais en question. Elle ne fait que geindre après tout et tous.

Que dire de ses rapports avec ses enfants? Elle maltraite (physiquement et psychologiquement) Marion, ce pourquoi elle blâme l'enfant. Quant à Alexandre, vers qui va sa préférence, elle ne sait pas être tendre avec lui. Elle pousse la mauvaise foi jusqu'à accuser son mari de préférer Marion. Peut--être celui-ci tente-t-il de compenser, tout simplement. À force de lire les justifications sans fondement de Christine, on en vient à se demander si elle est tout à fait normale.

La structure du roman est la suivante: au début, l'histoire est racontée du point de vue de Marion. Puis, il y a l'accident. Puis les choses sont racontées du point de vue de Christine, ce qui permet des retours en arrière. C'est intéressant parce qu'on voit d'abord les conséquences du comportement de Christine, puis on rencontre le personnage.
La fin m'a laissée perplexe. J'aurais voulu savoir ce qui allait se passer. L'indignation des gendarmes fera peut-être bouger les choses, mais il faudrait qu'ils ne soient pas les seuls. En effet, j'ai eu l'impression qu'André, le mari de Christine, ne faisait pas grand-chose pour aider ses enfants...

Je n'ai pas parlé de Marion parce que tous ses actes s'expliquent par la manière dont sa mère la traite.

Remarque annexe:
Il semble y avoir une incohérence. Si j'ai bien compris, la première partie se passe en 1973. On y dit que Marion a six ans. L'accident se passe en 1980, et là, les gendarmes subodorent que la fillette a sept ans. Même s'ils se trompent, si elle avait treize ans (ce qui serait le cas si elle avait six ans en 1973), ils ne se tromperaient pas à ce point...

Éditeur: l'âge d'homme.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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