Juste un regard L'ouvrage:
Grace et Jack Lawson sont mariés depuis dix ans. Ils s'aiment tendrement. Ils ont deux enfants, Max et Emma. C'est une famille très unie.

Un jour, Grace va chercher des photos qu'elle avait emmenées à faire développer. Dans l'enveloppe, elle trouve une photo qui a dû y être glissée intentionnellement. En effet, la photo semble dater d'au moins dix ans. Elle représente un groupe de jeunes gens. Grace croit reconnaître son mari, avec dix ou quinze ans de moins. L'une des filles le regarde avec adoration.
Grace trouve cela étrange, et décide de montrer la photo à Jack. Celui-ci nie être sur le cliché. Il ne connaît pas ces gens sur la photo.
Quelques minutes plus tard, il s'en va, sans explications.

Grace l'attend toute la nuit. Le lendemain matin, elle se résout à appeler la police, car il n'est pas rentré.

Critique:
Harlan Coben, encore une fois, prend un enchaînement de faits simples qui sont déclencheurs de quelque chose que les personnages ne maîtrisent pas. Monsieur tout le monde fait quelque chose d'anodin, et paf! Cela lui explose en pleine figure.
Ici, le mari de Grace voit son passé ressurgir, et on apprend que ce qui a commencé comme une querelle de jeunes gens shootés a eu et a encore des conséquences tragiques.

Harlan Coben évite une ficelle particulièrement agaçante, ficelle qu'il a déjà exploitée dans "Une chance de trop", et qu'il exploite un peu dans "Innocent". C'est l'écueil qui consiste à mettre la police contre le personnage principal, voire à ses trousses. Ici, les policiers commencent bien sûr par penser que Grace a été plaquée par un mari volage ou ayant besoin d'air, et ils ne vont pas chercher plus loin. Mais ils changent très vite d'avis, et on n'est pas obligé de se traîner péniblement jusqu'au moment où la police comprendra enfin. Non. Ici, la police n'est pas aussi bornée et fermée que dans certains autres romans policiers. Ici, elle recherche bien les vrais coupables.

Un autre topos est exploité, mais il ne m'a absolument pas déplu. C'est le personnage de Charlaine. Elle fait penser à une femme un peu bébête, mais en fait, elle est futée, et grâce à elle, certaines choses s'arrangent. Il y a un instant comique, malgré la tension omniprésente: c'est le comique de répétition qui fait que c'est grâce à Charlaine qu'on retrouve la trace du tueur à gages.

Coben prend plaisir à disperser de faux indices, indices qui ont failli me tromper. Mais s'il avait choisi la solution qu'il nous laisse entrevoir, (la culpabilité d'une certaine personne), cela aurait été une solution de facilité, car cette ficelle a été surexploitée dans les romans policiers.
En revanche, il se sert d'une autre ficelle assez souvent utilisée, et un peu incroyable... Je parle de ce qui s'est passé après la bagarre entre Jack et Jimmy X.

A la fin, une incertitude plane. On ne saura jamais ce qui s'est exactement passé, le soir où tout a basculé. En général, je n'aime pas les fins incertaines, mais là, je trouve que c'était à propos.

Quelque chose m'a déçue. Je reconnais que là, je reproche à Coben de ne pas avoir employé un topos du genre. Le roman policier veut que tout se termine toujours bien. Ici, ce n'est pas le cas. Certaines choses s'arrangent, mais pas toutes. Normalement, je devrais être contente que Coben se différencie un peu, mais j'avoue que j'aime bien que les romans policiers et les thrillers se terminent bien. On voit assez de choses atroces dans la vie: les livres servent à s'évader. Au moins, dans un livre, (surtout un polar), on sait que ça finit bien. Donc, si vous êtes comme moi, préparez-vous à une fin pas tout à fait conforme.

C'est un bon thriller, avec des rebondissements, plusieurs personnages inquiétants, (comme Eric Wu, qui est en train de devenir un topos), et d'autres dont les motivations peuvent se comprendre, même si on ne les excuse pas. Il traîne un peu, mais cela reste acceptable, car certains rebondissements arrivent à point.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Chris Deïs pour les éditions VDB.

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