Juste avant la nuit

L'ouvrage:
Depuis quelques mois, Jess est revenue dans le village où elle a passé son enfance et son adolescence. Elle vit chez sa soeur (Emily) et le compagnon de celle-ci (James), et fait office de nounou pour leur fille d'un an (Daisy). Ce soir-là, Emily et James vont à une soirée, laissant Daisy sous la garde de Jess. À leur retour, l'enfant a disparu.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Très vite, un personnage m'a paru inappréciable, puis détestable. Pour moi, il est manipulateur, pervers narcissique, et peut-être même malade. À mesure que le livre avançait, j'avais peur que l'autrice imagine un revirement de situation qui tendrait à rendre ce personnage sympathique. Cela aurait été très maladroit, et heureusement, elle ne l'a pas fait. J'ai rapidement souhaité que ce protagoniste souffre beaucoup. Pour moi, il n'a pas assez souffert.
Quant aux autres, ils m'ont tous été sympathiques, même si l'un d'eux fait certaines choses pas toujours nettes. Je ne sais pas ce que j'aurais fait à sa place, mais j'ai excusé ces choses parce que le personnage en question a été poussé par l'attitude de celui que je déteste, et en plus, n'a pas toujours prémédité ses actes. Ici, l'autrice présente un genre de cas de conscience au lecteur: approuvons-nous sans réserve ce personnage? Aurions-nous fait comme lui? Si nous l'approuvons, alors nous approuvons quelque chose de peu reluisant... Certes, mais il faut voir les circonstances, etc. Je pense qu'il serait intéressant d'en discuter entre personnes qui ont lu le roman.

L'intrigue ne souffre d'aucun temps mort. Au récit du présent se mêle celui du passé, ce qui ne m'a pas gênée, même si je ne suis pas friande de cette structure. Isabel Ashdown crée certains rebondissements que je n'avais pas prévus, et qui s'insèrent bien dans l'histoire. Elle décrit bien la psychologie de ses personnages, et tous les événements sont cohérents.

J'imagine qu'en version originale, la première femme de James s'appelle April. En général, dans les romans, ce prénom est gardé tel quel. J'ai donc été étonnée qu'il soit traduit ici. Le côté positif (en tout cas, de mon point de vue), c'est que de ce fait, la lectrice ne l'a pas prononcé en prenant un accent anglophone.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Valérie Marchant pour les éditions Lizzie.

Ce n'est que le troisième livre enregistré par cette comédienne que je lis. Je me souviens avoir aimé sa prestation dans «La fille du train» et avoir été déçue de son jeu dans Une fois dans ma vie». Ici, j'ai apprécié son jeu. Elle entre parfaitement dans la peau des personnages, et nuance toujours très bien son intonation afin de faire passer leurs émotions. Ce n'est pas forcément facile, surtout, à mon avis, concernant le personnage détestable. En outre, Valérie Marchant ne fait pas d'horribles effets de voix pour les rôles masculins. J'ai été déçue qu'elle prononce Saïmone pour Simon et Djékobze pour Jacobs, mais elle n'y met pas trop d'affectation.
Étant donné qu'au début de l'ouvrage, elle prononce correctement le nom de l'éditeur, je n'ai pas compris pourquoi, lorsque ce mot apparaît en tant que prénom dans le roman, elle le prononce mal. Elle dit Lidzie. Malheureusement, beaucoup de gens prononcent ainsi. C'est une faute, puisqu'en français et en anglais (c'est souvent en anglais que ce diminutif est employé), on ne prononce pas les deux «z» «dz».

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