Jusqu'à ce que la mort nous unisse

L'ouvrage:
Petit village de montagne.
Vincent est guide. Depuis que sa femme, Laure, l'a cavalièrement quitté, cinq ans plus tôt, il collectionne les aventures.
Servane vient d'être mutée à la gendarmerie du village. Elle aussi a été malmenée par la vie. Par un concours de circonstances, Vincent et Servane vont s'associer pour enquêter (officieusement) sur un meurtre.

Critique:
Si vous êtes habitués à la noirceur des romans de Karine Giébel, sachez que «Jusqu'à ce que la mort nous unisse» l'est un peu moins que d'autres. En outre, l'intrigue est plus classique que celles des autres livres de cette romancière que j'ai lus. Cela m'a surprise, et cela m'a plu, parce que j'ai la sensation que Karine Giébel pourrait s'attaquer à n'importe quel genre, de la façon qu'elle souhaiterait: le résultat serait toujours bon.

Au départ, l'histoire se déroule, et on ne sait pas trop où l'auteur va nous mener. J'aime bien ce genre de situations. Comme à son habitude, la romancière ne traîne pas. Ce roman est un peu plus «calme» que d'autres, mais il ne souffre pas de temps morts. J'ai pris plaisir à découvrir les personnages, et à les voir se dévoiler, peu à peu. Là encore, ils sont creusés et crédibles.

J'ai deviné certains éléments avant que l'auteur ne les révèle, mais cela n'a pas gâché ma lecture. Du reste, je n'avais pas tout deviné. De plus, l'important n'est pas forcément ce qu'on finit par découvrir. C'est plutôt la psychologie des deux personnages.
À ce sujet, si j'ai compris les motivations de Vincent et Servane, j'ai un peu tiqué concernant d'autres. Par exemple, pourquoi un homme qui aime profondément et sincèrement sa femme la tromperait-il?

Comme dans «Purgatoire des innocents», il est un peu gros qu'un personnage très abîmé physiquement trouve tant de ressources en lui, par la suite.

Le prologue n'est pas vraiment utile, comme dans beaucoup de romans. Il montre un moment du roman qui, heureusement, n'est pas trop éloigné du début. Je trouve quand même de plus en plus agaçante cette manie qu'ont les auteurs de faire des prologues de ce genre. Même si Karine Giébel n'exagère pas (son prologue n'est pas long, et est surtout là pou mettre en avant le «personnage» de la montagne), c'est une habitude que j'aimerais voir se raréfier.

Éditeur: Fleuve Noir.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Françoise Dufour pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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